Résumé

Beyens L’Armée et la marine allemandes - Le parti de la guerre

Sans inventer, à proprement parler, de stratégie nouvelle, le futur maréchal s’est inspiré si bien des leçons de Frédéric II et des exemples de Napoléon qu’il est devenu à son tour un maître dans l’art de la guerre.
Quant au militarisme prussien ou, en d’autres termes, quant à la caste militaire, les victoires de 1866 et de 1870 lui ont tourné la tête : elle s’est habituée à se considérer comme la personnification de la nation elle-même. Jamais elle n’a été plus puissante ni plus impérieuse que sous le régime imposé par la Prusse à l’Allemagne.
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Ce n’est pas tout. Les projets de loi qu’il avait présentés ne seraient pas sortis sains et saufs, sans amputations ni sans meurtrissures, des griffes de la Commission du budget, si leur auteur n’avait pas eu le don de la parole, une éloquence claire et persuasive, qui trouvait un écho immédiat auprès des partis bourgeois. Jamais un ministre n’a eu, comme lui, l’oreille du Reichstag, en sachant conserver la confiance de l’Empereur.
Mais pourquoi l’Allemagne avait-elle besoin d’une flotte de guerre aussi considérable ?
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Le soir du 6 novembre 1913, au diner offert à Potsdam au roi Albert, le chef de l’état-major avait dit à l’attaché militaire de Belgique : « La guerre avec la France est inévitable dans peu de temps, et la victoire de l’armée allemande ne fait pas de doute, dut-elle être achetée par d’énormes sacrifices et par quelques échecs préliminaires. Rien ne résistera au furor teutonicus, une fois qu’il sera déchaîné. La nation germanique se lèvera comme un seul homme pour relever le gant que le peuple français aura eu la folle audace de lui jeter. »
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