Résumé

C. Lavollée Du Régime commercial de l’Algérie

La liberté, dit-on, attirerait les capitaux, qui féconderaient l’industrie agricole. Dans les circonstances que nous venons de décrire, où serait le capitaliste assez audacieux pour défricher un domaine algérien, s’il n’obtenait pas, pendant ses premières années d’exploitation, l’appui d’une législation qui lui garantirait le placement de ses produits ? Sous prétexte de faire vivre l’Algérie, selon l’ordonnance de la doctrine économique, on tarirait en elle les sources de la vie, et, dans le vain espoir de la pousser plus rapidement vers l’âge adulte, on l’étoufferait au berceau.
Source : Wikisource

C. Lavollée Du Régime commercial de l’Algérie

C’est folie que de lui retirer le concours du capital étranger en limitant les échanges, et il y a presque tyrannie à lui enjoindre de consommer à un prix exorbitant les tissus de Rouen, de Reims ou de Mulhouse, les fers du Creusot, etc. Laissez grandir l’Algérie sur les solides assises de la liberté, résignez-vous, s’il le faut, à n’y point trouver tout d’abord un débouché considérable pour l’industrie française, si alourdie dans sa marche par les chaînes de la protection.
Source : Wikisource

C. Lavollée Du Régime commercial de l’Algérie

Eh bien ! il est probable que l’Algérie serait pour le moins très embarrassée de la liberté qu’on lui aurait ainsi octroyée. Où vendrait-elle ses produits ? Ce ne serait pas en France, car nos barrières de douane, hérissées de taxes et de prohibitions, se relèveraient contre elle. Serait-ce en Espagne, en Italie, en Autriche, en un mot dans les pays que baigne la Méditerranée ? Pas davantage, car dans tous ces pays elle se verrait, en sa qualité de possession française, traitée comme étrangère, et elle devrait acquitter des droits de douane.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature