Camille Lemonnier,
Happe-Chair
(1886)
“ Puis la meute des flammes écarlates replongeait aux gueules des fours, ne laissant de son passage qu’une traînée rose, furtive, qui allait mourir dans les fonds apaisés, tout baignés de la bleue lueur des lampes. C’était pour Huriaux, comme un peu de sa vie qui remuait là-bas dans l’espace, sous les sérénités profondes du ciel : tout petit, il avait respiré les haleines de la fournaise ; il avait grandi dans la flamme ; il ne se souvenait que de jours pareils entre eux, tous consumés dans l’effort haletant et l’éternel labeur de l’usine. ”
