Résumé

Charles Bénard La France dans ses malheurs, par un publiciste lorrain… (1871)

Qu'on ne nous parle pas de tant de sang innocemment versé dans la guerre. Si elle n'immolait point de saintes victimes, elle ne serait point satisfactoire, caractère qui lui est essentiel. Si le sang innocent de l'Homme-Dieu sur le Golgotha a été la rançon de l'humanité entière, le sang innocent partiellement versé par la guerre, sur tel ou tel point du globe, est un cri de miséricorde vers le Ciel pour les forfaits d'une nation. Et qu'on le remarque bien, c'est toujours le parti où il tombe le plus grand nombre de saintes victimes qui finit, non immédiatement, mais tôt ou tard par l'emporter.
Source : Gallica

Charles Bénard La France dans ses malheurs, par un publiciste lorrain… (1871)

Mais, en dehors de cette nécessité fondée sur le triste jeu de nos passions, la guerre grandit aux yeux d'un homme de foi ; elle sort de l'ordre matériel pour entrer dans l'ordre moral. Et ici elle devient un châtiment, une expiation et même un moyen de civilisation entre les mains de la Providence qui sait du mal tirer le bien.
Le moraliste admet que le grand criminel reçoit souvent dans ce monde la peine due à ses crimes. La justice de Dieu le frappe quelquefois ici-bas exemplairement, afin d'inspirer la terreur à ceux qui seraient tentés de l'imiter.
Source : Gallica

Charles Bénard La France dans ses malheurs, par un publiciste lorrain… (1871)

L'homme devient lui même son appui, sa règle, sa loi, sa sanction. Si, dans la publication des droits de l'homme ou dans les constitutions de la Révolution, l'on parle de l'Être suprême, de la liberté des cultes, ce n'est qu'une formule abstraite sans lien ni pour la pensée ni pour la conscience des pouvoirs. L'Etre suprême c'est le Dieu-Nature, le Dieu-Homme, le Dieu-Humanité, comme on voudra, mais jamais le Dieu personnel, créateur du ciel et de la terre, le vengeur des crimes.
Source : Gallica

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