Charles-Victor d' Arlincourt

Ida. Tome 1 (1841)

Résumé

Charles-Victor d' Arlincourt Ida. Tome 1 (1841)

Oh! sur ce terrain-là, je m'arrête. Vous ne voulez pas sortir des mystères; il vous faut le champ des espaces. Quant à moi, je m'en échappe au plus vite, car le grandiose m'écrase et le sublime me confond. L'infini, pour moi, c'est trop vaste; et l'éternité... c'est trop long. »
La vicomtesse, en prononçant ces mots, riait de ce rire à la mode qui n'est ni gaîté ni grimace, mais une habitude des lèvres, un besoin d'animer les traits. La capricieuse Amélie eût bâillé si elle n'eût ri.
Une visite est annoncée.
« Madame la marquise de Sénard!»
Source : Gallica

Charles-Victor d' Arlincourt Ida. Tome 1 (1841)

La baronne de Lersbach , poursuivie par les apparitions de sa semblable , arrachait la vicomtesse au monde positif et aux sentiers connus pour la lancer d'une manière prestigieuse dans une région éthérée et sur un sol hors de nature. Amélie se voyait, avec bonheur, quittant une carrière aride et décolorée, pour en recommencer une neuve, à la clarté d'un feu créateur et brillant. Elle semait déjà cet espace inexploré, de visions, de phénomènes, de fantômes et de féeries; il lui arrivait, dans Ida, une régénération poétique, le messie de sa vie blasée.
Source : Gallica

Charles-Victor d' Arlincourt Ida. Tome 1 (1841)

Sa peau était si fine et si blanche ! sa taille si svelte et si souple ! En la voyant passer dans
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les airs, avec le doux sourire des vierges, ses cheveux blonds agités par le vent, l'oeil brillant comme un feu d'étoiles, on eût dit, figure idéale, la fée des ballades du Nord.
Le comte Raoul de Sénard, approchant son coursier du sien, fendait l'espace à ses côtés. L'ardente imagination de la jeune Allemande, se dégageant un instant du poids de l'adversité, s'était reprise avec transport à la joie de fuir l'atmosphère des villes et au bonheur de respirer l'air des campagnes.
Source : Gallica

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