Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just

Résumé

Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Démence de Madame de Panor, en son nom Rozadelle Saint-Ophèle… (1796)

Colin devient un peu plus entreprenant : il ose presser et baiser la main de sa bergère qui, plus agitée que jamais, ne se connaît plus. Dans son égarement, elle s'écrie : Colin, ton baiser a passe jusqu'à mon coeur : je ne puis plus respirer... – Ah ! je respire avec plus de peine encore ! – Oh ! non.
A ce sujet s'élève une dispute qui se termine à la satisfaction de tous deux ; car ils conviennent que leurs coeurs ne battent ensemble et si vivement, que parce qu'ils sont agités par le plaisir.
Le berger risque enfin l'aveu de sa tendresse. Chère Colette, lui dit-il, je t'aime.
Source : Gallica

Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Démence de Madame de Panor, en son nom Rozadelle Saint-Ophèle… (1796)

Ophèle paraissait étonnée de mon trouble. Aline,
ma femme-de-chambre, arrive à mes cris. Quel spectacle ! Vîte elle vole à ma trop généreuse amie. Nous lui rattachons sa ligature en toute diligence, et cet accident n'eut aucune suite facheuse.
Laure qui n'avait laissé seule sa maîtresse que pour un moment, inquiète à son retour, de ne plus la trouver, la cherche, l'appelle. Comme elle approchait de mon appartement, Ophèle l'entendit. – Elle m'appelle : tu lui diras de ne pas me gronder ? Ma femme de chambre va au-devant de Laure, et nous l'amène tremblante et baignée de
larmes.
Source : Gallica

Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Démence de Madame de Panor, en son nom Rozadelle Saint-Ophèle… (1796)

Le Berger finit par craindre que sa Bergère n'ait du chagrin. – Es-tu facliée, Colette ? – Moi, fachée ! au contraire : je ne me suis jamais trouvée plus contente. Je voudrais être ainsi toujours avec toi. – Moi, Colette, je voudrais ne jamais te quitter : donne-moi ta main... Colette la lui abandonne ! Mains d'amans ne se joignent jamais sans trésaillir. Aussi ces deux aimables enfans demeurent confus de la nouvelle sensation qu'ils éprouvent : le rouge de la pudeur colore leurs visages. Eh ! qui n'a pas éprouvé une surprise
denchantement au premier plaisir de l'amour ?
Source : Gallica

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