Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Démence de Madame de Panor, en son nom Rozadelle Saint-Ophèle… (1796)

Colin devient un peu plus entreprenant : il ose presser et baiser la main de sa bergère qui, plus agitée que jamais, ne se connaît plus. Dans son égarement, elle s'écrie : Colin, ton baiser a passe jusqu'à mon coeur : je ne puis plus respirer... – Ah ! je respire avec plus de peine encore ! – Oh ! non.
A ce sujet s'élève une dispute qui se termine à la satisfaction de tous deux ; car ils conviennent que leurs coeurs ne battent ensemble et si vivement, que parce qu'ils sont agités par le plaisir.
Le berger risque enfin l'aveu de sa tendresse. Chère Colette, lui dit-il, je t'aime.
Source : Gallica

Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Le chateau noir, ou Les souffrances de la jeune Ophelle… (1799)

Il déchiré l'ame d'Ophelle : Chaque jour accroît son malheur, Aigrit sa blessure cruelle.
D'Eloncour, pour la secourir, Ne viendra pas auprès de celle Dont la voix sans cesse l'appelle: Eh bien ! je n'ai plus qu'à mourir. (bis)
(*) Les paroles et la musique de cette romance sont de l'auteur des souffrances d'Ophelle.
Elle avait un cœur tout de fiel Celle qui fit mon infortune.
J'adresse en vain ma plainte au ciel ; Ma plainte au ciel est importune.
Je vis, mais je vis pour souffrir, Et tout aggrave ma misère.
A son amant n'être plus chère , Ce n'est plus vivre ; il faut mourir.
Source : Gallica

Anne-Jeanne-Félicité Mérard de Saint-Just Démence de Madame de Panor, en son nom Rozadelle Saint-Ophèle… (1796)

Ophèle paraissait étonnée de mon trouble. Aline,
ma femme-de-chambre, arrive à mes cris. Quel spectacle ! Vîte elle vole à ma trop généreuse amie. Nous lui rattachons sa ligature en toute diligence, et cet accident n'eut aucune suite facheuse.
Laure qui n'avait laissé seule sa maîtresse que pour un moment, inquiète à son retour, de ne plus la trouver, la cherche, l'appelle. Comme elle approchait de mon appartement, Ophèle l'entendit. – Elle m'appelle : tu lui diras de ne pas me gronder ? Ma femme de chambre va au-devant de Laure, et nous l'amène tremblante et baignée de
larmes.
Source : Gallica

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