Claire de Chandeneux

Résumé

Claire de Chandeneux Les Filles du colonel

Rien ne m’amuse, au contraire, comme les petits airs effarouchés de mademoiselle Marcelle, qui paraît toujours ébahie de trouver sur ses pas, près du bénitier ou ailleurs, le visage platement admiratif d’un bon gros lieutenant... comment l’appelez-vous donc, commandant ?
— Mais... je ne sais, dit le digne homme avec un sourire indiscret.
— Allons donc ! vous savez à merveille ;... n’est-ce pas M. Duval ?
— Oui, dit madame Fontille, le plus honnête garçon de la terre.
— Grand bien lui fasse ! cela ne lui donne pas la mine d’un homme d’esprit.
— Il a du cœur, c’est l’essentiel.
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Claire de Chandeneux Les Filles du colonel

N’avez-vous jamais pensé, Auguste, qu’Hortense aimait étrangement vos enfants ?
— Jamais, répondit-il brusquement.
— Et que cette tendresse prenait par instant un cachet presque maternel ?
— Jamais, dit-il encore avec la même dureté. Madame Fontille se pinça les lèvres, mais ne se rebuta pas.
— Eh bien ! moi, je m’en suis aperçue et même étonnée, dit-elle ; mais j’ai bientôt compris que c’était là un nouveau dérivatif pour ce cœur affamé de dévouement. Elle a pris en grande pitié et en grand amour vos chers orphelins... et parfois, s’illusionnant volontairement, elle se croyait leur mère.
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Claire de Chandeneux Les Filles du colonel

Madame de Clarande eut un mouvement de dépit.
— Enfin, que t’a-t-il fait pour te plaire, t’aveugler, t’ensorceler ainsi ? dit-elle.
— Il m’a aimée ! répondit Marcelle avec une touchante candeur.
Le colonel écoutait, et, religieusement, paternellement, pesait la valeur profondément sentie de cette tendresse enfantine.
— Mon enfant, dit-il d’un ton pénétré, c’est peut-être ton bonheur que tu poursuis, c’est à coup sûr la voix de ton cœur qui te guide ; je ne me sens pas le triste courage de m’y opposer.
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