Démosthène, Œuvres complètes de Démosthène et d’Eschine
“ À tes déclamations, Eschine, je croirais que tu as entrepris cette cause, non pour demander vengeance d’un coupable, mais pour faire parade d’une voix bien exercée. Toutefois, ce n’est ni la beauté du langage, ni l’éclat de la voix qu’on estime dans l’orateur, c’est de sympathiser avec le Peuple, c’est de haïr et d’aimer comme la patrie. Avec un cœur ainsi fait, on n’a que des paroles de dévouement. [281] Celui qui, au contraire, courtise ceux dont la République se voit menacée, ne s’appuie pas sur la même ancre que ses concitoyens : aussi n’est-ce point du même côté qu’il attend son salut. ”
