Ernest Renan,
Joachim de Flore et l’Évangile éternel
“ L’église grecque, disait-il parfois, est Sodome, l’église latine est Gomorrhe [3] . Il sembla croire que la doctrine du Christ n’était pas définitive, et que le règne du Saint-Esprit, obscurément promis par l’Évangile, n’était pas encore fondé. Comme remède à la corruption du siècle, il rêva la pauvreté. Il prédit, à ce qu’on assure, l’apparition d’un ordre composé d’hommes spirituels, qui dominerait d’une mer à l’autre et jouirait de la vision du Père ; mais ce que vingt ans plus tard devait réaliser François d’Assise, Joachim ne fit que l’entrevoir. ”
