Eugène-Melchior de Vogüé,
Le manteau de Joseph Olénine
(1889)
“ Ces fourrures qu'on m'a dit être un héritage de famille, ce manteau de forme ancienne, n'appartenaient-ils pas à la malheureuse aïeule ? Et cette âme mystérieuse, qui réside évidemment dans la pelisse hantée, n'est-ce pas son âme ? Vous qui n'avez jamais tremblé pour un être aimé, devinez quelle terreur envahit mon cerveau, grandissante, poignant mon cœur et battant mes tempes. Les yeux démesurément ouverts sur la polonaise, je la voyais remuer, au souffle du vent sans doute, avec des mouvements humains, se cacher et reparaître, avec les caprices de la lune et des nuages assurément. ”
