Francis Jammes,
Ma Fille Bernadette
(1916)
“ Bernadette reste impassible. On redouble d’aménité, on se met à genoux devant elle pour lui mieux sourire. Elle semble ne vouloir voir que la blancheur informe du plafond. Ange, chérie, amour, mignonne, délice de mon cœur : rien n’y fait. Elle oppose à tout hommage l’air d’une reine blasée, ou d’un chat que des enfants veulent forcer d’être content. Mais, soudain, va-t-elle sourire ? La bouche s’ouvre en pot-à-lait, un grognement en sort. On s’émeut. Oh ! Oh ! Oh ! Qu’as-tu, petite Bernadette ? Ce qu’elle a ? Elle pousse dans le monde. ”
