Frédéric Boutet

Résumé

Frédéric Boutet L'homme sauvage et Julius Pingouin (1902)

Julius Pingouin fit délier le pilote.
Pilote Bouture, dit-il, tu as trahi.
— J’ai trahi, dit Bouture, tue-moi.
— Oui, dit Pingouin, il y a des morts. Tu dois mourir.
— Ça m’est égal, dit Bouture ; cinquante fois j’ai risqué ma vie pour le quart de ce qu’on m’offrait pour te livrer. Je regrette que le coup soit raté, voilà tout ; mais un autre que moi réussira. Vous n’arriverez jamais. Le monde entier est contre vous. Vous crèverez tous, c’est mon plaisir.
Le capitaine prit son revolver.
— Es-tu prêt ? demanda-t-il.
— Pingouin ! dit le docteur, en lui saisissant le bras.
Source : Gutenberg

Frédéric Boutet L'homme sauvage et Julius Pingouin (1902)

La tyrannie des forts, des riches et des puissants a cessé, puisqu’il n’y a plus de forts, de riches, ni de puissants. L’individu n’agit plus pour lui-même et par lui-même, la masse agit pour la masse.
L’homme a disparu. La société collective est tout.
— Tonnerre de Dieu ! dit Pingouin.
— Il n’y a plus de Dieu, dit l’autre. Il n’y a plus aucun des préjugés par lesquels on a trop longtemps maintenu dans les fers le plus grand nombre au profit d’une minorité vicieuse, cruelle, méprisable et jouisseuse.
— Et la liberté ? demanda le docteur.
Source : Gutenberg

Frédéric Boutet L'homme sauvage et Julius Pingouin (1902)

« Caïn, qu’as-tu fait de ton frère ? » et vous rejettera loin de sa bouche comme un vomissement.
Hélas ! hélas ! c’est donc vrai que je vais rester dans une telle compagnie... Avec cet Homme sauvage qui me fascine et me dicte des choses, alors que, naguère encore, c’était moi qui dictais... Avec ces monstres brutaux et libidineux qui ne m’épargnent rien de leurs fureurs ni de leurs vices... Avec ce boa surtout — cet ophidien maudit, plus tenace qu’une fille de joie, plus exigeant qu’un cocher de fiacre, plus caressant qu’un employé désirant une augmentation...
Source : Gutenberg

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