Frédéric Boutet

Élements biographiques

Frédéric Boutet L'homme sauvage et Julius Pingouin (1902)

Julius Pingouin fit délier le pilote.
Pilote Bouture, dit-il, tu as trahi.
— J’ai trahi, dit Bouture, tue-moi.
— Oui, dit Pingouin, il y a des morts. Tu dois mourir.
— Ça m’est égal, dit Bouture ; cinquante fois j’ai risqué ma vie pour le quart de ce qu’on m’offrait pour te livrer. Je regrette que le coup soit raté, voilà tout ; mais un autre que moi réussira. Vous n’arriverez jamais. Le monde entier est contre vous. Vous crèverez tous, c’est mon plaisir.
Le capitaine prit son revolver.
— Es-tu prêt ? demanda-t-il.
— Pingouin ! dit le docteur, en lui saisissant le bras.
Source : Gutenberg

Frédéric Boutet Douze aventures sentimentales, suivies d'autres histoires d'à présent (1918)

Papa est absent, il est à la ville, répondit une voix fraîche, mais si vous voulez voir le garde adjoint, sa maison est à deux pas...
Au seuil, une jeune fille avait paru, suivie d’un grand chien qui grondait et qu’elle fit taire. Elle semblait avoir seize ou dix-sept ans ; dans sa robe de toile grise elle était grande et élancée, son visage clair avait encore des contours enfantins, mais ses yeux bleus étaient sérieux et doux. De la main elle écartait de son front les boucles de ses cheveux châtains.
Source : Gutenberg

Frédéric Boutet Par-dessus le mur

Penché vers le poêle, un vieillard blême, à barbe grise hirsute, un chapeau mou crasseux sur la tête, une couverture trouée sur le dos, était assis sur une chaise de jardin en fer. Il avait tourné la tête vers la porte et regardait, d’un œil hagard et fâché, qui entrait.
Monsieur Martelan ? demanda Jacques Férial.
— C’est moi. Et vous, monsieur, qui êtes-vous ? dit le vieux d’une voix creuse.
Jacques Férial éprouvait une gêne à surprendre ainsi, brusquement, dans sa misère, ce compagnon de jadis que la vie avait traité si différemment qu’elle ne l’avait traité, lui !
Source : Gutenberg

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