Résumé

G. Bonnet, de Genève Les Chemins de fer et les douanes en Suisse

Le pauvre émigrant suisse qui a abandonné ses montagnes pour les plaines du Mississipi, en se reposant le soir de son pénible labeur, ne se doute guère que le produit de son travail va troubler l’économie industrielle de ces vallées dont le souvenir le poursuit. Il en est ainsi cependant. Les perfectionnemens de l’agriculture, l’accroissement des défrichemens dans des contrées jusqu’alors désertes et la création des chemins de fer opèrent dans l’économie sociale une révolution dont l’Europe commence seulement à ressentir les premiers effets.
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G. Bonnet, de Genève Les Chemins de fer et les douanes en Suisse

Au milieu des troubles de 1845, il s’est accompli en Suisse un fait qui n’a guère été remarqué que par les populations des cantons. La Suisse était une confédération d’états, elle est devenue une république unitaire : armée, commerce, postes ; monnaies, chemins de fer, rapports diplomatiques, douanes, tout est devenu fédéral, c’est-à-dire que sur ces points la souveraineté cantonale a été abolie ; elle a passé tout entière à l’assemblée fédérale. Jusqu’en 1848, la Suisse a prospéré sous le régime de la plus entière liberté du commerce
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G. Bonnet, de Genève Les Chemins de fer et les douanes en Suisse

Et qu’on ne s’y méprenne pas, jamais il n’y aura eu de changemens aussi complets, aussi prompts, aussi universels que ceux qui doivent résulter de l’introduction de la vapeur dans l’économie sociale, surtout de la création des chemins de fer. Les frais de transport sont si considérablement réduits, les moyens si immenses et la rapidité si grande, qu’on peut dire que, d’une extrémité de l’Europe à l’autre, il n’y a aucun marché qui ne soit désormais accessible à toutes les productions.
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