Jean-Charles Roux

Résumé

Jean-Charles Roux Revue des Deux Mondes

C’est cependant à quoi visent les agriculteurs. Ce qu’ils demandent, c’est qu’on leur garantisse un minimum de bénéfice et de revenu, c’est qu’on les mette à l’abri de l’évolution économique qui tend fatalement à faire baisser le prix de toute chose, c’est qu’on les dispense de tout effort. Sans s’en douter, ou plutôt sans l’avouer, ils vont vers le collectivisme, mais vers un genre de collectivisme tout spécial qui bénéficie aux seuls propriétaires à l’exclusion des ouvriers agricoles eux-mêmes, et des ouvriers de l’industrie.
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Jean-Charles Roux Revue des Deux Mondes

On propose aujourd’hui de frapper d’une surtaxe de 3 fr. 60 par 100 kilos — dite surtaxe d’entrepôt — toute importation de blé et de farine par la frontière de terre et toute importation de ces mêmes denrées par voie de mer qui n’aura pas été faite en droiture des lieux d’origine. Rendre le fait de l’expédition du navire à ordre sur un port quelconque interruptif de l’importation en droiture, c’est mettre le marché français en dehors des conditions qui régissent aujourd’hui tous les marchés du monde entier.
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Jean-Charles Roux Revue des Deux Mondes

En ce qui concerne le régime de l’entrepôt, on demande notamment, l’application d’un droit progressif, variant d’après la durée du dépôt de la marchandise étrangère en magasin. C’est la méconnaissance d’un principe de droit public absolu. La marchandise placée sous le régime de l’entrepôt est considérée comme encore déposée sur le territoire étranger ; elle ne saurait être soumise à aucune taxe, puisqu’elle ne jouit d’aucun avantage autre que celui d’un séjour plus ou moins prolongé dont elle acquitte les frais au profit des intérêts nationaux.
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