Gaël de Saillans

Résumé

Gaël de Saillans Un coup de feu dans la forêt (1938)

Alors, lui déchargea son âme du lourd secret qu'il ne voulait plus garder :
— Vous avez entendu raconter, Mademoiselle, la mort « accidentelle » du frère de mon maître, le capitaine Paul Valpré? Eh bien! ce ne fut pas un accident, mais un crime, et l'auteur de ce crime, c'est moi !
— Vous! s'exclama Vivette, stupéfaite, bouleversée. Est-ce possible?
Sur le visage blême de Pascal, un rictus amer creusa deux rides profondes.
— Vous avez peine à le croire..., souffla-t-il. Pour
tous j'étais l'honnête majordome, l'homme de confiance du maître, celui dont personne ne doute...
Source : Gallica

Gaël de Saillans Un coup de feu dans la forêt (1938)

Puisque Alain Valpré avait pu devenir un meurtrier, Jacques se demandait, avec égarement, en qui il pourrait, à l'avenir, avoir confiance. C'en était fini : il ne se fierait plus à personne, il douterait des meilleurs !
Un découragement total lui montait à l'esprit, en une vague d'immense amertume et de dégoût profond. C'est qu'il était à l'âge où l'on porte, tout de suite, un jugement sans appel ; où l'on est enclin à généraliser un fait isolé.
Source : Gallica

Gaël de Saillans Un coup de feu dans la forêt (1938)

Courtal se rapprocha, planta son bon regard franc dans les yeux de son ami et prononça lentement :
— Veux-tu que je te dise mon opinion? Eh bien! ton oncle n'est sûrement pas un assassin !
Une lueur passagère traversa la prunelle sombre du jeune Valpré.
— Ah ! si tu pouvais dire vrai ! soupira-t-il. Mais, hélas ! puisque j'ai vu...
— Non! déclara péremptoirement Marcel, rien ne pourra me convaincre de la culpabilité d'un homme qui jouit dans le pays de l'estime générale. Sa vie entière ne s'étale-t-elle pas au grand jour ? N'est-il pas lui-même un exemple continuel ?
Source : Gallica

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