Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Rêve d’enfer

“ Et toi, Satan, tu voudrais mon corps, n’est-ce pas ?
— Un corps ? Oh ! oui, quelque chose de palpable, qui sente, qui se voie, car je n’ai qu’une forme, un souffle, une apparence. Oh ! si j’étais un homme ! si j’avais sa large poitrine et ses fortes cuisses... aussi je l’envie, je le hais, j’en suis jaloux... Oh ! mais je n’ai que l’âme, l’âme, souffle brûlant et stérile, qui se dévore et se déchire lui-même ; l’âme ! mais je ne peux rien, je ne fais qu’effleurer les baisers, sentir, voir, et je ne peux pas toucher, je ne peux pas prendre ; je n’ai rien, rien, je n’ai que l’âme.
”
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Rêve d’enfer

“ C’était bien un amour inspiré par l’enfer, avec ces cris désordonnés, ce feu brûlant qui déchire l’âme, use le cœur ; une passion satanique, toute convulsive et toute forcée, si étrange qu’elle paraît bizarre, si forte qu’elle rend fou.
— À demain, n’est-ce pas, oh, Arthur ! Une grâce ! une grâce ! et je te donnerai tout après, mon sang, ma vie, mon âme, l’éternité si je l’avais ! tu me tueras si tu veux, mais à demain ! à demain sur la falaise... Oh ! n’est-ce pas ? au clair de lune... la belle chose qu’une nuit d’amour sur les rochers, au bruit des flots, n’est-ce pas, Arthur ?...
”
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert,  Rêve d’enfer

“ N’est-ce pas que tu souhaites une autre vie, des voyages lointains ? n’est-ce pas que tu voudrais être la feuille de rose pour rouler dans l’air, être l’oiseau qui vole, le chant qui se perd, le cri qui s’élance ? n’est-ce pas que le duc Arthur est beau, riche et puissant ? Et lui aussi, il aime les rêves, les sublimes extases.
« Oh ! qu’il vienne ! qu’il vienne ! continua-t-il tout bas, qu’il vienne ! elle l’aimera et d’un amour chaud, brûlant, entier, ils se perdront tous deux. »
”
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