Hippolyte Mettais

Résumé

Hippolyte Mettais Les amours d'un tribun (1876)

Un léger nuage passa sur le front du comte Pepin, qui fixa profondément la physionomie du soldat.
— En quelle année et dans quel pays êtes-vous né? ajouta-t-il.
— Je suis né à Francfort-sur-le-Mein, en l'année 1738, répondit M. Muller avec un peu de rougeur sur le visage, comme si son origine avait quelque chose d'insolite.
Ici le comte fit un pas assez brusque dans la chambre et jeta sur Mme Delahart, qui était là, les yeux fixés sur ceux du comte, un regard profond qu'elle parut comprendre et qui la saisit au point de la rendre toute tremblante.
— C'est lui ! lui dit-il à voix basse.
Source : Gallica

Hippolyte Mettais Les amours d'un tribun (1876)

Le docteur, lui, s'assit au chevet du lit, tenant dans sa main une main de Barbera et entourant de son bras l'enfant qui s'était appuyée le long de sa poitrine. Il rêvait.
Cette femme qu'il a tant aimée depuis son enfance, à laquelle il a tant promis et qui lui a fait espérer tant de joies, la voilà ! Il ne lui a donné que la mort.
Elle ne l'entend plus, elle ne lui parle plus, elle ne le voit plus, elle ne le sent plus, et pourtant elle est là. Qu'y a-t-il donc de moins en elle? La vie. Mais qu'est-ce que la vie? Un inconnu dont la mort dit beaucoup de mal. Et la mort alors?.
Source : Gallica

Hippolyte Mettais Les amours d'un tribun (1876)

Vous auriez tort de vous en préoccuper, car le baron des Escouffes n'y pense plus. Seulement, je le crois tout prêt à recommencer, tant l'esprit humain est mal fait.
— Monsieur le comte, dit Paul en s'arrêtant et se dressant fièrement sur la pointe des pieds, ni le baron ni autre n'insultera plus désormais, car je l'ai juré, Jean-Paul Marat, sans que j'aie sa vie ou qu'il ait la mienne.
— Bien dit, Jean-Paul, car l'homme qui ne punit pas ou ne cherche pas à punir une insulte, n'est pas un homme bon, plus grand que l'insulte, c'est un lâche.
Source : Gallica

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