Jacques Peyrat

Jacques Peyrat

Résumé

Portrait de Jacques Peyrat Jacques Peyrat Lettre à l'auteur du Caméléon (1863)

Vous étiez fort ignorant de porter sur Châteaubriand un jugement semblable, puisque l'ayant lu vous étiez incapable de le juger; vous étiez encore fort ignorant en ne pensant pas qu'on saurait bien relever votre phrase et vous la lancer au visage. Ce n'est pas moi, Monsieur, ce n'est pas moi qui vous le dis, car ce sont plutôt tous vos lecteurs ; tous se font la question suivante : « Puisque les œuvres de Châteaubriand se transforment aujourd'hui en cornets de tabac, que deviendront, après avoir été lues, les pages si sublimes du Caméléon? »
Source : Gallica

Portrait de Jacques Peyrat Jacques Peyrat Lettre à l'auteur du Caméléon (1863)

En ne rougissant pas d'écrire, vous ne rougissez pas de penser; en aimant à écrire, vous montrez que vous êtes capable de penser, et par là que vous comprenez le devoir imposé à tout écrivain, celui d'éclairer son siècle.
Mais pour qu'un auteur pense bien, écrive bien, éclaire bien son siècle, il faut qu'il ait la liberté de penser et d'écrire, et que personne ne vienne mettre obstacle à ses bonnes intentions.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Peyrat Jacques Peyrat Lettre à l'auteur du Caméléon (1863)

Dans toute narration, dans tout récit, le lecteur doit trouver de la vraisemblance. Même avec l'unité, un récit n'est plus intéressant. Or, je vous demande, quelle foi ajouter en un auteur dont les premières phrases nous font voir qu'il ne va rien dire de vrai?
Pour moi, je me ris déjà d'un tel écrivain, qui ne sait pas dès le début m'intéresser et m'attacher à ce qu'il va m'expliquer, me
faire croire qu'il dit le vrai, et qui, lors même que je sais que sa narration est une narration fabuleuse, ne me montre pas les deux qualités de vraisemblance et d'intérêt progressif.
Source : Gallica

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