Résumé

Jean-Claude Lemagny Vilem Kriz : [Paris], Bibliothèque nationale… (1983)

Et, quand Vilem Kriz photographie tout simplement une statue, il nous la fait sentir comme malheureuse de ne pouvoir se décider entre l'existence des choses et celle des vivants. Et partout nous voyons des personnages à peine issus de l'épaisseur de la matière et près d'y retourner, comme des objets près d'éclore en visages et en ragards. En ces images la sensation d'une vie autonome est si forte que ces êtres semblent parfois échapper à leur démiurge.
Source : Gallica

Jean-Claude Lemagny Vilem Kriz : [Paris], Bibliothèque nationale… (1983)

Mais Cubisme et photographie ne sauraient se mettre en ménage sans faire naître un regard particulièrement attentif sur les jeux de l'ombre et de la lumière. Pour la peinture classique l'ombre portée est le fantôme d'un objet réel ; pour la photographie, et pour la peinture cubiste, elle est une tâche parmi les autres mais aussi nécessaire que l'ombre propre à la mise en place des volumes. Ici peinture moderne et photographie se rejoignent.
A force de réalisme la photographie a fait basculer la situation. A si bien montrer les ombres elle les a mise sur pied d'égalité avec le reste du réel.
Source : Gallica

Jean-Claude Lemagny Vilem Kriz : [Paris], Bibliothèque nationale… (1983)

Il y a autre chose d'assez inexplicable qui personnalise l'objectif et le change en oeil. Il semble que l'appareil fasse corps avec le photographe, le prolonge, devienne en quelque sorte un organe nouveau.
Vilem Kriz mélange la ruine noble et celle de notre marché aux puces. Il prouve à quel point les ruines confèrent aux objets une grandeur et nous les montrent prises sur le vif de la mort avec la grimace des cadavres du musée de Pompéi, sculptés par l'angoisse, la lave et les cendres.
En outre nous connaissons mal notre ville. Il arrive que des étrangers nous l'enseignent.
Source : Gallica

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