Résumé

Jean-F. Brunet De la responsabilité de l'État législateur… (1936)

« C'est parce que le législateur se meut dans un domaine sur lequel il ne rencontre devant lui, et par suite, ne peut léser aucun droit individuel. Il fait des actes généraux et impersonnels. Or, une des conditions pour qu'il y ait droit à indemnité, c'est qu'il y ait un préjudice exceptionnel, c'est qu'un individu déterminé soit mis par un acte hors des conditions normales. Le législateur ne met jamais, par l'acte législatif proprement dit, un individu déterminé hors des conditions normales, puisque la loi a pour caractère essentiel d'être générale et impersonnelle » 2.
Source : Gallica

Jean-F. Brunet De la responsabilité de l'État législateur… (1936)

Du reste, ajoutait Viviani : « toutes les fois que l'Etat exproprie les citoyens pour cause d'utilité publique, du moment où il s'apprête à retirer de l'opération un profit dont sera enrichi la collectivité, il est bien naturel qu'il verse une indemnité. Par conséquent, toutes les fois que l'Etat exproprie, soit pour enrichir son domaine privé d'un monopole de plus, soit sous forme matérielle ou indirecte pour enrichir d'un service la collectivité, il est naturel qu'il paie l'équivalent du service par une indemnité » 3.
Source : Gallica

Jean-F. Brunet De la responsabilité de l'État législateur… (1936)

Mais le propre de l'évolution juridique est d'être lente, comme le propre de la jurisprudence est essentiellement d'aller au pas, d'où la restriction de M. Corneille ; mais telle n'est pas sa pensée profonde. « Si on poussait cette théorie à ses extrêmes limites, dit ailleurs le même jurisconsulte, on arriverait à la notion de risque intégral ; toutes les fois que l'Etat causerait à un tiers un dommage spécial détruisant l'égalité des charges que chacun doit supporter pour vivre en société, la source de responsabilité serait mise en œuvre » 4.
Source : Gallica

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