Jean-Louis de Balzac

Résumé

Jean-Louis de Balzac Oeuvres choisies de Balzac. Tome 1 (1822)

Sans la bonté, ceux-là sont des serpens, et ceux-ci des loups : la sagesse n'est qu'un venin subtil et une corruption pénétrante : la vaillance n'est qu'une faim enragée et une altération du sang humain.
Les sages, s'ils sont sujets, trahissent le prince, et vendent l'État; les vaillans entreprennent sur sa personne, et se mettent en sa place; les uns le tiennent en perpétuel soupçon, et les autres en perpétuelle crainte. S'ils sont princes, il n'y a jamais de sûreté en leur cour, ni de paix en leur royaume. Ils inquiètent leurs voisins, et travaillent encore plus leurs sujets.
Source : Gallica

Jean-Louis de Balzac Oeuvres choisies de Balzac. Tome 1 (1822)

La vertu n'est pas malheureuse sur la roue, que doit-elle être en prospérité? Les objets que nous embrassons en ce monde s'écoulent entre nos mains. Ils sont corruptibles, et notre passion l'est aussi.
Le prince met la sienne en d'autres objets plus nobles, qu'il peut toujours aimer et qui seront toujours aimables. Il élève ses désirs jusqu'à la première beauté. Il est plus capable de purifier la cour, que la cour n'est capable de le corrompre. La modestie de son visage étouffe
les mauvaises pensées jusques dans l'âme des hommes, et réforme tout ce qui s'approche de lui.
Source : Gallica

Jean-Louis de Balzac Oeuvres choisies de Balzac. Tome 1 (1822)

Infirme et misérable prudence ! Ils ne considèrent pas qu'un espion, qui donne des avis, ne nuit pas davantage qu'une sentinelle qui ne dit mot; et qu'ils sont aussi bien cause de la perte du prince, par leur silence, que les autres, par leur trahison : ils ne considèrent pas que le laissant dans le péril, d'où ils le pourroient tirer, ils ne contribuent pas moins à sa ruine, que ceux qui le poussent et le précipitent. Ils ne voyent pas que l'infidélité ne fait point de mal, que la foiblesse ne soit capable de faire.
Source : Gallica

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