Jean Reibrach

Jean Reibrach

Résumé

Portrait de Jean Reibrach Jean Reibrach Revue des Deux Mondes

Le sacrifice peu à peu se parait d’une douceur, s’enveloppait d’un héroïsme dont lui-même était grandi devant la mort. Il cessa de réfléchir. Il se sentit courbé vers Marie, irrésistiblement. Et, de ses lèvres, tomba la promesse que, si elle venait à le quitter, il n’écrirait plus jamais. Leur œuvre s’arrêterait avec elle, serait close avec sa vie.
Un moment, une lâcheté effleura Paul. Tout au fond de lui-même, une espérance s’était dérobée, l’espérance qu’il se fût trompé ou que peut-être Marie, par un héroïsme pareil, triomphât de cette étrange et cruelle jalousie.
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Portrait de Jean Reibrach Jean Reibrach Revue des Deux Mondes

Il prit ses mains, poursuivit, une hésitation dans sa voix plus grave :
— Qui vous dit qu’un nouvel amour, qu’un homme, ne se rencontrera pas...
Il s’arrêta. Une tristesse infinie, une douleur presque, s’épandait comme un voile sur le visage de la jeune femme. D’un geste doux, persistant, elle retira ses mains, y cacha son visage. Puis, un frisson tordit son corps, gagna ses épaules, s’acheva dans un sanglot brusque.
— Enfin ! pensa Daguerre.
Elle s’abandonnait au dos du fauteuil, si malheureuse subitement de cette évocation, que tout son cœur crevait.
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Sous le couvert d’une religion du passé, l’œuvre, ainsi, se dégageant du souvenir pieux dont elle s’était enveloppée, s’isolait, prenait une vie propre.
Paul, d’abord, n’y prêta point d’attention ; puis une accoutumance s’établit ; l’œuvre le pénétrait, poussait des racines invisibles. Ses méditations flottantes avaient, sans qu’il en eût conscience, fait gonfler, crever le germe ; et le germe, dans la fécondité de son cerveau, que le repos avait accrue, montait en une plante inculte, déjà puissante.
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