“ Puis il se rendit dans l’empire des hommes, prononça les SIX SYLLABES et détruisit la peine de la naissance, de l’âge, des maladies et de la mort. Il s’éleva après à l’empire des Assouri (génies du ciel) , prononça les SIX SYLLABES et détruisit l’envie qui les tourmente pour se disputer et se combattre. De là, il se rendit dans région des Tègri (divinités inférieures) , prononça les SIX SYLLABES détruisit le danger de leur mort et de leur chute. Enfin, il aborda le grand Royaume de Neige (le Tubet) ; il y aperçut les trois districts supérieurs du Ngœri [19] comme un vaste désert ”
Citations de Journal asiatique ()
“ Ce qu’il y a de consolant et d’honorable pour l’humanité, c’est de voir que dans le siècle où les bienfaits sont si facilement oubliés, M. le duc de Richelieu n’a point fait d’ingrats dans l’étendue des gouvememens de la Nouvelle-Russie : après huit années d’absence, le souvenir de son administration y est encore présent comme s’il venait de quitter ce pays ; le riche qui lui doit sa fortune, l’indigent, dont il était le soutien et le consolateur, tous lui portent la même affection, la même vénération. ”
“ Je n’en suis point étonné, puisque M. Cirbied, à ce qu’il dit lui-même, a quitté l’Arménie fort jeune, et que depuis il n’a vu des Arméniens qu’à Rome, à Livourne et à Paris. Comment se fait-il, après cela, qu’il sache tant de particularités sur l’état de la langue dans les siècles antérieurs ? Tant d’abondance d’un côté et de stérilité de l’autre, doit exciter la surprise des savans ; aurait-il craint d’être plutôt contredit pour l’un que pour l’autre ? ”
“ Il consacra dix années de sa vie à donner la première traduction complète de la Bible en langue turque, œuvre immense d’érudition et de patience, dans laquelle le modeste auteur, s’attachant avec la plus scrupuleuse exactitude à l’interprétation fidèle du texte, se sentit moins soutenu dans son travail par l’idée du juste tribut d’éloges qu’une telle entreprise lui assurait de la part du monde savant, que par la conviction profonde de servir les intérêts de la religion, qui ne sont autres que ceux de l’humanité. Et c’est ici que le noble caractère de M. Kieffer se présente dans tout son jour. ”
“ Odessa, dans ce tems de calamités, paraissait anéantie ; ce n’était plus qu’un vaste tombeau : un silence morne régnait sur les places et dans les rues désertes de cette ville, naguère si animée et si bruyante. Toute espèce d’affaires fut suspendue ; chacun ne songeait qu’à se garantir du fléau qui le menaçait : M. le duc de Richelieu bravait seul les dangers dont il était environné ; il exposait continuellement sa propre existence pour sauver de malheureuses victimes, et surtout pour préserver du mal ceux qui n’en étaient pas encore atteints, et empêcher la maladie de s’étendre dans le pays. ”
“ C’est pour cette raison qu’Ézéchiel en a fait le symbole de toute la nature animée, en leur donnant, pour me servir de ses propres paroles, la face de quatre animaux dont chacun est le roi de son espèce, savoir : la face de l’homme, du lion, du bœuf et de l’aigle. Nous trouvons dans le Talmud une remarque judicieuse, exprimée en ces termes : « Le roi des bêtes fauves est le lion, le roi du bétail est le bœuf, le roi des volatiles est l’aigle ; mais l’homme est élevé au-dessus de tous les animaux, et Dieu au-dessus des animaux, de l’homme et de tout l’univers [7] . » ”
“ L’administration du pays était confiée à des hommes pris parmi les cosaques mêmes, qui, étant pour la plupart peu éclairés, avaient donné, lieu à une infinité d’abus, et négligé les immenses ressources que leur offraient les localités. Mais M. le duc de Richelieu ne négligeait rien de tout ce qui pouvait contribuer au bonheur et à la prospérité des contrées qu’il administrait : il vit tout ce qu’il y avait de bien à faire dans le pays des cosaques de la mer Moire, et il s’attacha particulièrement à faire jouir ce peuple de tous les avantages de sa position. ”
“ Il est un moyen, répond la Fortune, c’est de m’immoler ton fils Saktivar, cet enfant doué de tant d’heureuses qualités. À cette condition je puis consentir à rester encore ici. Elle dit et disparaît. Viravar retourne dans sa maison. Son épouse et son fils étaient endormis : il les réveille ; ils se lèvent et s’approchent de lui. Le guerrier leur répète les paroles de la Fortune. À ce discours, Saktivar, transporté de joie, s’écrie : Que mon sort est heureux ! je suis appelé à sauver le royaume : qui peut m’arrêter ? mourir pour une semblable cause est un destin glorieux. ”
“ En effet, toute espèce de répétition, telle que celle dont se sert Ézéchiel dans cette vision, considérée selon les règles de la syntaxe hébraïque, aussi bien que selon celles des autres langues orientales, ne sépare pas les objets ; mais elle les distribue, en assignant à chacun la place qui lui convient, de sorte que la phrase, une roue auprès d’un chérubin, et une roue auprès d’un chérubin, veut dire que cette sphère avait autant de faces ou de côtés qu’il y avait de chérubins, et que chaque chérubin présidait à celle de ces faces qui répondait au vent dont il était le symbole. ”
“ Les soins infatigables et paternels avec lesquels M. le duc de Richelieu gouvernait Odessa fixèrent bientôt tous les regards sur cette ville nouvelle : des Russes et des étrangers de toutes les nations y affluèrent eu foule ; plusieurs capitalistes vinrent y fonder des maisons de commerce solides, attirés par les avantages de la position de cette place, et par les garanties que leur offrait le caractère personnel et la conduite sage de son administrateur, ainsi que par l’accueil gracieux qu’il leur faisait. ”
“ Khoutoukhtou ! ta figure et le son des six syllabes rassasieront les affamés et calmeront la soif des altérés ; il tombera comme une pluie d’eau bénite, et elle remplira tous leurs désirs. Les malades en obtiendront la santé, les aveugles la vue, les opprimés et les abandonnés y trouveront secours et consolation ; et les mourans la vie. Khoutoukhtou ! tu es l’être gracieux destiné à annoncer la volonté du Bouddha à cet empire de neige. ”
“ Il dit, et son fer a tranché la tête de son fils. Ô prince, se dit alors Viravar, me voilà sans doute acquitté envers vous ! Mais le malheureux père, réduit désormais à vivre privé d’un fils, s’immole aussi lui-même, et sa femme, qui vient de perdre à la fois et un fils et un époux, imite son exemple. Cependant le roi voyait et entendait tout, il se dit : Que de princes, comme moi, vivent et meurent sans avoir rien fait pour la gloire ! Mais est-il dans le monde, existera-t-il jamais un homme tel que celui-ci ? Eh ! ne puis-je moi-même servir mon royaume en me sacrifiant ? ”
“ Plus d’un géographe, d’un historien, d’un philologue, ont déjà été dupes de ces récits controuvés. Il est donc utile d’en avertir les savans, qui ne peuvent pas eux-mêmes consulter les sources, pour qu’ils ne se livrent pas à une crédulité funeste, en répétant des choses dont rien ne garantit la certitude. La littérature arménienne est assez riche et assez intéressante par elle-même, sans qu’on la gratifie ainsi de trésors imaginaires. Les qualités que M. Cirbied prend en tête de sa Grammaire, ont été pour moi un sujet de surprise. ”
“ Mais Le noble désintéressement de M. le duc de Richelieu est trop connu pour que j’aie besoin de m’étendre beaucoup là-dessus. On connaît l’usage qu’il a fait de ce que la nation lui avait décerné en France, et tout le bien qu’il répandait sur ceux qui avaient recours à lui. Simple dans ses goûts, et ennemi du luxe, il ne possédait à Odessa qu’un jardin de quelques arpens, qu’il cultivait lui-même pour se délasser ; et il avait acquis, quelque tems avant de quitter la Russie, une petite terre en Crimée, dont il aimait beaucoup le site pittoresque, mais qui ne lui donnait pas 1,000 fr. ”
“ Odessa ne renfermait encore aucun des édifices, aucun des établissemens qui constituent une ville et un port commerçant ; aucun capitaliste n’avait encore pensé à s’y fixer ; ceux, qui y venaient pour trafiquer, s’en allaient après avoir terminé leurs affaires. Les onze années de l’administration de M. le duc de Richelieu suffirent pour opérer le plus étonnant changement qui se soit passé sous nos yeux. ”
“ En adoptant ce système, sans même en avertir, M. Cirbied donnera bien de l’embarras aux personnes qui essaieront de se servir de son livre, quand ils trouveront dans un texte les cas qu’il a jugé à propos de supprimer. N’est-ce pas assez du fastidieux travail de rechercher ce dont on a besoin dans la grammaire la plus confuse, la plus embrouillée, la plus mal rédigée peut-être qu’il fut jamais ; faut-il encore qu’il y manque une multitude de choses nécessaires ? ”
“ Ézéchiel, comme je viens de le dire, analyse peu à peu les impressions qu’un premier coup d’œil avait excitées dans son âme, de sorte qu’il commence par nommer apparence de feu (i, 4) et animaux (ibid., 5) ce qu’il trouve, après un plus mûr examen, n’être que l’image d’un homme lumineux (viii, 2) , et celle des chérubins (x, 20) . De même la roue (אוֹפָן) qu’il a aperçue d’abord (i, 15) , devient par degrés une sphère à quatre faces et à quatre cercles, et il entend de ses propres oreilles appeler leur assemblage du nom de galgal (x, 13) לָאוֹפַנִים לָהֵם קוֹרָא הַגַלְגַל בְּאָזְנָי. ”
“ Le Targum de Jonathan substitue, comme nous le dirons plus tard, à l’ophan vu par Ézéchiel (i, 15) , la hauteur des cieux יוּם שְׁמַיָא, comme pour nous faire entendre que le mot אופָן ne peut s’employer que pour désigner une partie de la sphère céleste. Le Talmud, au contraire, substitue le mot אופנים à la sphère étoilée, en disant qu’il est défendu aux Juifs d’en faire des représentations dans le but d’en adorer les astres. ”
“ C’est à peu près à la même époque qu’il qu’il rapporter le trait cité par l’historien de la Nouvelle-Russie [5] : la terreur que le danger avait insérée aux habitans d’un village des environs d’Élisabethgrad était si grande, qu’ils ne voulurent jamais consentir à ensevelir les victimes que la peste venait d’enlever parmi eux : M. le duc de Richelieu, pour les encourager et leur prouver qu’ils n’avaient rien à risquer en rendant ce dernier service à leurs malheureux concitoyens, prit lui-même une bêche, et remplit sous leurs yeux cette triste et pénible fonction. ”
“ Les êtres qui habitent l’âpre empire de la neige, qu’aucun Bouddha des temps passés n’a pu convertir, qu’aucun des temps futurs ne convertira, et qu’aucun du temps présent n’a converti, le seront par la force et la bénédiction de ton vœu. C’est excellent ; c’est excellent ! Khoutoukhtou [16] ! Aussitôt que les habitans de l’âpre empire de neige te verront et qu’ils entendront le son des six syllabes (Om mani pad mè hoûm) , ils seront délivrés des trois naissances de mauvaise nature, et trouveront la béatitude par la renaissance comme êtres d’une nature supérieure. ”
“ En déplorant la perte de M. le duc de Richelieu, la Société Asiatique ne fait que partager la douleur de la France entière, des nombreux amis qu’il laisse inconsolables, des malheureux dont il était le soutien et le père. Il est peu d’hommes en effet qui aient été l’objet de regrets plus universels, plus unanimes. ”
“ Que les doctrines de tous les véritablement venus (Tathâgata) des trois âges se répandent dans cet empire de neige âpre et sauvage, et y restent pour toujours indigènes. Que ses habitans, en entendant le nom des trois précieux [11] , et en marchant dans leur foi, obtiennent le bonheur des naissances divines, pour pouvoir participer à la jouissance des propriétés augustes. Ainsi que moi, qui, par tous les moyens possibles, convertis, perfectionne et sauve tous les êtres du monde, de même cet empire de neige âpre et sauvage, puisse-t-il ressembler à un pays rempli de choses précieuses ! ”
“ Le corps périt d’une mort lente et insensible ; ainsi le vase d’argile, que le feu n’a pas séché, se dissout quand on le plonge dans l’eau. La jeunesse, la beauté, la richesse, la puissance, la vie et la société de ce qui nous est cher ; tous ces biens ne durent qu’un jour : le sage ne leur doit pas un regret. ”
“ L’impératrice Catherine avait, fait établir cette peuplade guerrière le long du Couban, depuis l’embouchure de la Laba jusqu’au bosphore Cimmérien, en lui confiant la défense de cette frontière de l’empire, contre les incursions des montagnards belliqueux du Caucase. Ces cosaques fournissaient une milice irrégulière de vingt régimens, dont le tiers était employé à la garde du pays, tandis que le reste était occupé à l’agriculture, au soin de leurs troupeaux, et à la pèche de ces énormes poissons, dont la mer d’Azow, le Bosphore et l’embouchure du Couban, abondent eu si grande quantité. ”
“ Là, sur une étendue de près de cent lieues, sont établis plusieurs peuples, les plus différens entre eux par leur origine, leur langue, leurs mœurs, et leur croyance : réunis dans la même contrée, ils vivent en bons voisins, et jouissent en paix des bienfaits d’un, gouvernement sage et tolérant. Là, vers les embouchures du Don, se trouvent quelques riches établissemens d’Arméniens, qui ont la ville commerçante de Nakhitchevan pour chef-lieu : ils vinrent de la Crimée pendant les troubles qui agitèrent ce pays, sous le règne du dernier Khan. ”
“ Comme Moïse, Job, Isaïe, et tous les autres prophètes avaient accoutumé les Juifs à prendre l’œil pour le symbole de la providence divine, Ézéchiel, en substituant les yeux aux étoiles, leur disait, par le langage expressif de l’allégorie : Dieu voit du haut des deux sur la terre, par autant d’yeux qu’il y a d’étoiles dans le firmament. ”
“ Ce n’est qu’en se détachant de ce monde, misérable jouet de la vie, de la mort, de la vieillesse, des maladies et de l’infortune, que l’on peut trouver le bonheur. Que dis-je ? le bonheur n’est pas ; le malheur seul existe ; l’idée de bonheur est relative ; on ne la conçoit que par opposition au malheur. ”
“ La sphéricité de cette machine est si palpable dans ce verset, que même les interprètes qui ont vu dans Ézéchiel les roues d’un char ordinaire, ont été forcés de l’admettre. Le Prophète, dit le D. Rosenmüller, annonce par ces paroles qu’il avait remarqué quelque chose de singulier dans ces roues, c’est-à-dire quelles étaient faites de manière qu’une roue entrait dans l’autre et la coupait à angles droits, de sorte qu’elles n’avaient pas un seul cercle, ainsi que les roues ordinaires d’un char, mais deux cercles qui se croisaient mutuellement. ”
“ Qu’une vision aussi majestueuse soit l’image de l’univers, ce qui nous le persuade en premier lieu, c’est le but du prophète, qui est de montrer à ses coreligionnaires comment la gloire de Dieu, qui avait résidé jusqu’alors dans le saint des saints, de la même manière qu'elle résidait dans le ciel [4] , se voyant contrainte de descendre du propitiatoire, à cause que le temple était profané par le culte du soleil et des astres, allait errer sur les bords du fleuve Kebar. ”
“ Il augmentera ta béatitude, ne sois donc plus triste, car quoique ta tête se soit fendue en dix pièces, chacune aura, par ma bénédiction, une face particulière, et au-dessus d’elles sera placé mon propre visage rayonnant, celui de Bouddha Amitâbha. Ce onzième visage [24] de l’infiniment resplendissant, placé au-dessus de tes dix autres, te rendra l’objet de l’adoration. Quoique ton corps se soit fendu en mille morceaux, ils deviendront, par ma bénédiction, mille mains qui représenteront les mille monarques du monde. ”
“ Lorsqu’on lit avec attention et critique les visions d’Ézéchiel, et qu’on les compare avec les prophéties que les autres envoyés du Seigneur ont publiées avant lui, on s’apperçoit quelles offrent de grandes analogies entre elles, tant pour les objets dont elles traitent que pour le but quelles se proposent, mais que les premières présentent des symboles et des images que l’on chercherait en vain dans les secondes. ”
