Résumé

La Voix de Jérusalem (1863)

« Si notre libérateur, disait-il avec une grande animation, était venu, ne nous aurait-il pas ramené dans notre patrie? N'aurait-il pas rendu au trône de Salomon sa splendeur? l'ancien temple ne se serait-il pas relevé de ses ruines, en faisant rentrer dans la poussière l'odieuse mosquée d'Omar? En prononçant ces paroles, des larmes coulaient sur ses joues, et nous, en l'entendant, nous nous rappellions ces Juifs exilés à Babylone, pleurant sur les bords de l'Euphrate, et s'écriant, dans leurs chants mélancoliques : « Si nous t'oublions, Jérusalem, que notre droite s'oublie !»
Source : Gallica

La Voix de Jérusalem (1863)

Quant à moi, je ne pourrai jamais croire à un Dieu se faisant homme et mourant pour les hommes; cela dépasse toutes mes conceptions.
— D'autres, aussi incrédules que vous, lui répondit Louis, l'ont cru ; mais, avant de croire, ils ont désiré de croire; sans ce désir, la croix eût été couverte d'un voile pour eux, l'eussent-ils eue pendant des siècles devant les yeux. Ce que la science humaine réclame pour elle, le christianisme le demande pour lui : est-il trop exigeant? celui qui cherche, sans désir de trouver, méritet-il de trouver?
— J'ai cependant bien cherché, dit le docteur.
Source : Gallica

La Voix de Jérusalem (1863)

Le docteur fit un signe de tête négatif.
— Je comprends, lui dit Louis, votre incrédulité; elle m'afflige sans m'étonner; car la source où je puise, quoiqu'elle coule toujours, vous est inconnue; d'autres y ont bu avant moi et ont affirmé leur bonheur, comme l'affirmeront ceux qui y boiront après. Je suis heureux, et quand Je l'affirme, nul n'a le droit d'en douter.
— Et si la mort, dit Ernest, s'avisait de le faire?
— La mort sait mieux que vous qu'elle ne peut rien contre mon bonheur; son dard ne s'est-il pas émoussé contre la pierre roulée du tombeau vide de Jésus-Christ? La mort, ah !
Source : Gallica

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