“ La seule chose qui risque de te mettre dans de vilains draps, c’est de t’ostiner à tromper monsieur le commissaire. — Mais je te dis que je suis étranger, comme l’enfant qui vient de naître, à la disparition de cette autruche de la malédiction !... — Tu t’ostines, Crépin... Tu as tort, ça te cuira... Moi, monsieur le commissaire, je m’en vas vous dire tout... Ce locataire, il nous a indignement trompés ; il s’est fait autoriser sur son bail d’avoir des oiseaux chez lui... Mais pensez donc que personne, au ciel ou sur la terre, aurait pu qu’il voulait nous colloquer une culotteuse de pipes... ”
Léo Taxil
Résumé
"Les trois cocus", de Léo Taxil, est une œuvre satirique qui dévoile les absurdités sociales et les enjeux de la fidélité conjugale à travers les destins entrelacés de personnages comme Laripette, Scholastique et Robert. L'auteur, connu pour ses critiques anticléricales, plonge ici dans un monde où les rôles de vicaire, plumassier ou pompier se croisent dans des situations farfelues, mêlant humour et ironie.
Le récit, ponctué de dialogues percutants et de scènes inattendues (comme l'apparition d'un crocodile), remet en question les normes morales et les hypocrisies de l'époque. Son style audacieux et ses thèmes provocateurs en font une satire cinglante de la société du XIXe siècle.
Citations de Les trois cocus (Léo Taxil)
“ L’esprit qui nous parle a dit clairement : Demain. — Tu es fou, mon ami, tu t’imagines des choses impossibles !... — Je ne m’imagine rien du tout, riposta Paincuit. Je constate que nous sommes dans la position du vénérable Fox, le père du spiritisme. Un esprit frappeur se révèle chez nous. Il n’est pas possible de nier cette intervention inopinée de quelque âme qui s’intéresse, sinon à toi, du moins à moi. Le plumassier jubilait. Il écoutait encore quelque temps ; mais aucun bruit ne se fit plus entendre. — Demain, a dit l’esprit, conclut Bredouillard. Pour moi, il n’y a aucun doute... ”
“ Pélagie a reconnu la voix de son maître ; elle tend son cou en avant, dans la direction du public. Robert répète le nom authentique de l’aimable bête, et celle-ci, n’hésitant plus, se précipite, non vers les frises, mais sur l’orchestre, avec un battement d’ailes joyeux, car elle a aperçu Laripette. Pour le coup, la salle est dans le délire. Les trois quarts des citoyens d’Argelès, présents à cette scène mémorable, s’imaginent que c’est le vrai dénouement de l’opéra, que c’est en cela que consiste la surprise, et sont littéralement émerveillés. ”
