Résumé

H. Avoine Trente ans de ministère à Paris… (1905)

Avec autant d'insistance qu'il avait mis auparavant d'hésitation, le petit moribond m'appela. J'étais toujours pour lui Monsieur le curé. Il me salua avec des larmes, se confessa, reçut l'extrême-onction, le saint viatique, l'indulgence plénière, tout, en parfaite lucidité d'esprit, et du cœur le plus parfait. Je n'eus pas besoin de retourner ; avant la fin de la nuit suivante, il expirait. Je le conduisis au cimetière, remerciant Dieu de verser l'eau bénite sur un élu. Derrière le char funèbre, la première, sa sœur l'avait suivi et pleurait, consolée par la foi
et la sainte espérance.
Source : Gallica

H. Avoine Trente ans de ministère à Paris… (1905)

La vie, c'est à Dieu seul de la rendre sereine,
Heureuse dans la paix et féconde en vertu,
Et de la couronner quand, de mérites pleine,
L'âme peut dire à Dieu : « Pour vous j'ai combattu ! »
Telle je la souhaite au pasteur de ces lieux :
Santé, force, vigueur, autorité bénigne,
Tout ce qui rend la terre un peu semblable aux cieux,
Tout ce qui d'un chrétien, d'un prêtre, est le plus digne.
Mais tous ces vœux — hélas! je l'aperçois bien tard —
Voulaient être exprimés en tout autre langage,
Avec sonorité, avec souffle, avec art,
Non dans le prosaïque essai de cette page.
Source : Gallica

H. Avoine Trente ans de ministère à Paris… (1905)

L'action de grâces fut longue, à genoux, dans cette stalle du chœur Oll vint me trouver le sacristain pour me dire, comme les disciples au Sauveur : « Voici que votre mère et vos frères sont là qui vous attendent. » Je ne le suivis pas ; j'avais trop à admirer le don de Dieu, à rendre grâces et à prier. Je ne savais pas alors, ou ne savais qu'en théorie, que le prêtre, comme les anges, doit sans cesse monter et descendre l'échelle mystérieuse qui va de la terre au ciel, et avoir, comme l'hostie, un côté qui regarde le monde, pendant que l'autre regarde la cité éternelle.
Source : Gallica

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