Résumé

Portrait de Léon Bloy Léon Bloy Les Dernières Colonnes de l’Église

Au surplus, pourquoi me défendrais-je de voir du surnaturel dans un grand poète évidemment désintéressé de tout ce qui n’est pas les Faibles, les Humiliés, les Souffrants, les Accablés ? Il n’y a pas à dire, celui-ci a tout quitté, jusqu’à son nom, qui serait le nom d’un grand de ce monde, s’il avait voulu, poursuivre Jésus au milieu des misérables, pour le chercher plutôt... Et comme il n’est permis à aucun homme de chercher en vain l’Homme-Dieu, voilà justement qu’il le rencontre, après minuit, au coin d’une rue : « Ah ! Généreux !... ah ! Bien-Aimé !... »
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Vous l’avez écrit cent fois, elle a été galvaudée par le journalisme et le roman naturaliste. Le pittoresque des vocables est délavé, anéanti par l’écriture naturaliste. Il y a des mots, des expressions qui sont devenus de vrais cadavres... Comment remplacer certains mots qu’on a pressurés jusqu’au jus, jusqu’au zest, sinon en retournant puiser à la source, au fumier (soit) même de la Langue, qui est l’Argot, quoi qu’on en dise ? l’argot joint à la locution populaire et à l’image non moins populaire, toujours, toujours dramatique et saisissante, que diable !
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Mais la pauvre femme n’a pas besoin de savoir. L’horrible monde bourgeois qui tue les enfants des mères, durât-il encore des mille ans et lui fallût-il vivre jusque-là, elle viendrait toujours à ce cimetière de malédiction et d’infamie pour consoler au fond de la terre son premier-né, son dernier-né, son nouveau-né, l’enfant de ses entrailles désolées de vieille mère dont la justice des hommes a fait un berceau d’éternité silencieuse.
Ah ! le plus dur de sa peine est assurément dans ces vers que je n’osais pas citer :
T’étais si doux...
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