Résumé

Marguerite Jeanne Cordier Staal de Launay Deux années à la Bastille : récit extrait des Mémoires de Mme de Staal… (1853)

A LA BASTILLE. 81
Je supposais Menil aussi affligé que moi. Sa peine ne doublait pas seulement la mienne, elle la rendait sans mesure. Les incommodités corporelles qu'il allait éprouver dans cette affreuse demeure, jointes aux tourments de son âme, me faisaient craindre pour sa santé et même pour sa vie ; car l'esprit hors de lui-même ne s'arrête sur rien. L'incertitude de toutes ces choses, dont je ne pouvais vraisemblablement m'éclaircir, mettait le comble à tant de maux.
Maisonrouge, absent ce jour-là, me laissait sans aucune consolation.
Source : Gallica

Marguerite Jeanne Cordier Staal de Launay Deux années à la Bastille : récit extrait des Mémoires de Mme de Staal… (1853)

Il était ravi d'avoir en main l'écrit qu'on avait arraché au marquis de Pompadour, et se flattait que la crainte ou l'ennui lui fournirait de pareilles pièces de chacun de nous. Il aurait, disait-il, donné un million de celles que le chevalier de Menil avait jetées au feu.
On accorda à M. de Pompadour, pour récompense de sa sincérité, non la liberté qu'on lui avait fait espérer, mais le divertissement de la promenade sur le bastion, où on le menait tous les jours.
Source : Gallica

Marguerite Jeanne Cordier Staal de Launay Deux années à la Bastille : récit extrait des Mémoires de Mme de Staal… (1853)

M. Le Blanc, voyant que je ne voulais que bavarder, me dit qu'il reviendrait avec M. d'Argenson, et qu'ils m'apporteraient des ordres par écrit de Mme la duchesse du Maine de dire tout ce qu'on me demanderait. Je lui dis que je les recevrais avec beaucoup de respect, mais que je n'en dirais pas davantage. En effet, l'on se charge de tels secrets par dévouement pour ceux qui vous les confient, mais on les garde pour l'amour de soi.
Source : Gallica

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