Maurice Magre

Résumé

Maurice Magre Le poison de Goa (1928)

Rappelle-toi la vieille parole biblique : Le seul péché qui ne soit pas pardonné est le péché contre l’esprit. C’est celui qui perd l’âme. C’est celui que tu vas commettre.
— Moi !
— Arrêter l’élan de la créature à quelque degré qu’elle soit, réveiller ses passions quand elles s’éteignent, souffler sur l’ombre d’idéal qui a pu lui apparaître, la ramener en bas, vers la matière, loin de l’esprit, c’est là le péché dont il est parlé, dont je veux te sauver, ma fille.
Il avait baissé la voix. Ce fut d’une voix aussi basse que Rachel dit :
— Sais-tu où vont les âmes des morts, mon père ?
Source : Gutenberg

Maurice Magre Le poison de Goa (1928)

Rachel sentit que Castro allait lui dire l’amour qu’il avait pour elle.
— Regardez, dit-elle en riant.
Elle lui montrait une croix plantée en terre. C’était une croix plus haute que la hauteur humaine, épaisse, trapue, sans ornements.
— C’est moi qui l’ai fait planter ici, dit Rachel. Je l’ai trouvée sous le hangar où elle pourrissait. Il paraît qu’il est dans ma destinée de trouver toute espèce de croix dans cette vieille demeure. Une fois c’est une croix d’or avec des diamants, une autre fois c’est une croix de bois vermoulue.
Source : Gutenberg

Maurice Magre Le poison de Goa (1928)

Peut-être une guitare va-t-elle se mettre à jouer... Peut-être Dolça va glisser nue entre les rameurs et s’élancer dans les eaux. J’avais peur de la mort, eh ! bien, voilà, c’est fait.
Et il étendait les bras comme s’il était sur une croix, docile à son châtiment.
— Seigneur ! Ne sois pas redoutable aux méchants ! pensait Manoël Jehoudah.
Et, comme il croyait à l’action de la pensée quand elle est projetée avec force, il s’efforçait d’envelopper Castro de l’atmosphère bienfaisante de son pardon.
Arrivé à Goa, on amarra la barque sur le dernier quai.
Source : Gutenberg

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