Résumé

Portrait de Michel Morphy Michel Morphy Les amours de Mignonnette : roman inédit (1886)

Et le pauvre Carboniéra, couché dans les caves d'une maison en construction, était malade.
La fièvre le tenait fortement.
Monte-Léon n'avait rien mangé depuis deux jours.
Il faut être un habitué de la misère pour supporter cela !
La faim lui tordait les entrailles et le cassait en deux.
Il s'approcha de l'inspecteur qui donnait des ordres à son monde et il s'offrit pour travailler au déblaiement.
L'autre le toisa, vit ses bottines sans semelles, sa défroque de bourgeois, son délabrement, et il secoua la tête en souriant.
— Il faut être un gars ! dit-il seulement.
Source : Gallica

Portrait de Michel Morphy Michel Morphy Les amours de Mignonnette : roman inédit (1886)

Le vieillard se retourna et répondit avec une lenteur solennelle : — Il faut que je retrouve ma pauvre petite fille. Vous le savez, un monstre m'a pris tout ce que j'avais et m'a tué tout ce que j'aimais. On m'a volé ma fortune; mes enfants sont morts assassinés.
Mais leur enfant, à eux, doit être vivante.
Je le sens, mon cœur me le crie. J'ai fait dix ans de bagne, sans savoir pourquoi, vraiment! mais je n'ai pas peur. Je suis le grand'père de Mignonnette. Il faudra bien qu'on me rende l'orpheline de la Commune !
Source : Gallica

Portrait de Michel Morphy Michel Morphy Les amours de Mignonnette : roman inédit (1886)

Carboniéra s'était levé et montrait sa fiancée : — Croyez-vous, dit-il, que cette belle fille, plus fraîche que les poissons de la mer, n'est pas la compagne toute désignée par la nature de votre serviteur? Je suis grand, elle est forte. Je suis déménageur et elle pêcheuse. Il n'y a pas de mésalliance.
Et les jeunes gens se mirent à rire.
— Mes amis, fit Carboniéra, à nous deux nous broierons de la joie. Maintenant, je disais à ma chère Rosa que je n'avais rien de ce qu'il faut, ni elle non plus, pour organiser un mariage français : consentement des parents, paperasses, etc.
Source : Gallica

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