Paul Pourot

Résumé

Paul Pourot La bonté aveugle (1937)

Bastien surenchérit :
— Le fiancé qui sera ton mari dévoué. Claude le rabroua, sans ménagement :
— Allons donc! Vous êtes faits l'un pour l'autre comme un danseur de cordes et une sœur de charité. Va où tu voudras! Isabelle n'aspire qu'aux honnêtes joies du foyer.
— Je suis prêt, mon oncle, à réaliser tous ses désirs.
— Sans manquer de t'exhiber dans les boîtes de nuit?
— Est-ce déshonorant d'exercer la profession de chansonnier? Isabelle m'aime tel que je suis.
— Elle ignore tes vices. Je l'en instruirai. Angèle, navrée, le supplia de se taire :
— Assez discuté autour de sa profession.
Source : Gallica

Paul Pourot La bonté aveugle (1937)

Que tu désapprouves Bastien dans sa poursuite
d'une carrière chimérique, je l'admets. Georges et moi en sommes marris. Mais que tu veuilles le séparer de sa fiancée? de cela j'ai lieu de m'étonner, sans m'en effrayer; car personne au monde ne parviendrait à séparer ces gentils amoureux. Pour le moment, Isabelle se forge des craintes; ton devoir est de l'en délivrer.
Claude répondit avec calme :
— Mon devoir, ma chère Angèle, est d'assurer sa tranquillité d'esprit et de cœur, dans le présent et pour l'avenir. Bastien n'est pas le mari qui lui convient.
Source : Gallica

Paul Pourot La bonté aveugle (1937)

Le lendemain de leur arrivée, après déjeuner, les deux couples y descendirent, pendant que les jeunes gens s'enfermaient au salon pour se mettre à jouer du piano.
D'une terrasse bordée de rosiers, Georges fit admirer à sa femme le pittoresque panorama
de la ville basse s'étendant vers le lac, dont les eaux bleutées reflétaient les monts escarpés d'alentour :
— Regarde notre beau pays, Angèle, regarde! Quand je prendrai ma retraite, nous chanterons :
« C'est là que nous voulons vivre, aimer et mourir! »
— Vous vous contenterez de peu! dit en riant Claude Turnon, son beau-frère.
Source : Gallica

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