Michel de Cubières-Palmézeaux

Résumé

Michel de Cubières-Palmézeaux Lettres sur l'Espagne, ou Essai sur les moeurs… (1810)

Gerondi, accablé de confusion et de douleur, dès qu'il en eut la force, interrompit le comte.
Ah! c'est moi, s'écrie Gérondi ; moi qui, par une lâche trahison, fus le véritable et l'unique assassin de l'amante la plus parfaite ; et c'est à moi seul d'en porter le châtiment trop doux , quelque implacable qu'il puisse être ; que l'univers à qui j'enlevai son plus bel ornement, qu'une famille respectable, qu'un époux digne d'elle , se réunissent pour punir en moi le meurtrier de la belle Fénicie! Le trépas me sera cher, si le mien peut calmer leurs maux.
Source : Gallica

Michel de Cubières-Palmézeaux Lettres sur l'Espagne, ou Essai sur les moeurs… (1810)

Une peut aller plus loin : son criminel rival, qui ne résiste plus aux tourmens auxquels son ame est en proie, marche, ou plutôt s'élance vers ce mausolée si précieux: c'est celui de Fénicie. Le comte, que Gérondi entraîne, succombe à l'aspect trop ressemblant de son amante : au bas du mausolée est sa représentation', et, sur un marbre noir, l'épitaphe que l'on a lue. Le comte, d'un ceil égaré, fixe ces objets funèbres. Le nuage qui couvre ses yeux ne lui dérobe point le cruel spectacle de la beauté livrée au glaive de la mort par la vengeance de l'amour.
Source : Gallica

Michel de Cubières-Palmézeaux Lettres sur l'Espagne, ou Essai sur les moeurs… (1810)

Colisan, au contraire, quoiqu'à peine à la fleur de l'âge, n'aurait pas seulement eu la force de monter à cheval, si on ne l'avait soutenu. Ce jeune héros, ce Colisan si fier, si intrépide, si redouté dans les combats, a perdu toute son
audace ; il est pâle, tremblant, et n'affronte plus la mort. C'est par le chemin de l'infidélité qu'il y court; mais il a juré d'obéir à Lionato : son serment le lie, et sa seule espérance est d'expirer avant que d'avoir tenu sa parole.
Source : Gallica

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