Résumé

Nanine Guillon Cinq années de la vie des jeunes filles… (1878)

Au milieu du monde, vous ne trouverez presque rien de ce que vous aurez rêvé ; et les déceptions sont tristes, douloureuses.
LAURA.—Vous croyez?. Oh! vous n'êtes pas encourageante. En vérité, je ne fais pas de mystère de ce que je pense; plus d'une fois j'en ai parlé à ma cousine.
JULIETTE.-C'est vrai ; mais rends-moi la justice de dire que je ne partage pas toutes tes idées, et que souvent je les ai combattues.
LAURA.—C'est que tu es plus jeune et ne songes pas encore au temps où tu te marieras. Mais, mademoiselle, vous me faites la guerre, et je n'ose pas me permettre de vous demander.
Source : Gallica

Nanine Guillon Cinq années de la vie des jeunes filles… (1878)

Le cœur a distingué un objet qu'il compare, mêle et confond avec les images qui l'ont souvent charmé, ou qui portent le plus d'émotions dans le secret de sa pensée. C'est le rêve de tout ce qui, dans la nature, s'harmonise avec nos penchants, et fait vibrer les cordes les plus délicates de notre être; ainsi, Juliette était dans ce moment pour Antoine le parfum inattendu de la fleur, l'eau cachée qui murmure, l'écho lointain qui répète un chant qu'on aime, les bruits confus et doux de la nature qui s'endort, le nuage doré qui brille à l'horizon
Source : Gallica

Nanine Guillon Cinq années de la vie des jeunes filles… (1878)

Sans doute Juliette avait donné des larmes à la mémoire de son père ; mais, dans la première jeunesse, les larmes sont sans amertume et ne laissent de traces ni au cœur ni sur le visage ; d'ailleurs l'enfance n'a qu'une idée incomplète de la mort, et sa légèreté oublie vite la tristesse de cette séparation. Juliette pleura donc autant pour eux de voir pleurer sa mère que de son propre chagrin.
Quant à madame Duchatel, séparée à jamais de l'être qu'elle avait uniquement aimé, privée du seul bonheur qui convînt à son âme, elle ne souhaitait plus que celui de sa fille.
Source : Gallica

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