Pierre de Villiers

Résumé

Pierre de Villiers Mémoires de la vie du comte D***… (1753)

J'étois au désespoir de me séparer de la forte d'une personne que j'aimois toujours, & dont j'avois eu lieu jusques-là de me croire aimé, & je fus mille fois plus touché de l'envie de la revoir encore, & de lui dire adieu avec plus de tranquillité, que de la crainte de Manrique, & du péril dont on me donnoit avis. Il ne me fut pas possible de partir ; & l'amour me fermant les yeux à toute autre considération, qu'à ce qui pouvoit le satisfaire, je ne pensai qu'à me donner à moi-même des raisons plausibles pour demeurer.
Les affaires de Monsieur le Prince me servoient toujours de prétexte
Source : Gallica

Pierre de Villiers Mémoires de la vie du comte D***… (1753)

Quand elle fut morte, je ne me sentis occupé que du désir de suivre les conseils qu'elle m'avoit donnés. J'appris mon retour à mon frere, en lui apprenant la mort de cette sainte fille, & je lui témoignai la passion que j'avois de mener une autre vie que celle que j'avois mené juiques-là. J'étois plein des meilleurs désirs du monder : mais la suite de ma vie va faire voir des aventures non moins bizarres que celles que j'ai dédites jusqu'ici.
Source : Gallica

Pierre de Villiers Mémoires de la vie du comte D***… (1753)

Il lui dit donc sottement qu'il savoit son intrigue avec le domestique, mais qu'il ne l'en aimoit pas moins ; qu'il n'attribuoit cet indigne commerce qu'à un sortilège, & qu'il ne pouvoit croire qu'une femme de son mérite eût pû, sans quelque puissance infernale, s'abaisser à cette indignité ; que même il s'offroit de tuer le malheureux forcier qui l'avoit abusée, pour la défaire d'un esprit aussi séducteur que celui-là, & la mettre en état d'accorder naturellement ses bonnes graces à ceux qui n'auroient point d'autre fort que leur amour.
Source : Gallica

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