“ Ne diront-ils pas que pour être monté là-haut, il a perdu la vue ; que ce n’est pas la peine d’essayer de sortir du lieu où ils sont, et que si quelqu’un s’avise de vouloir les en tirer et les conduire en haut, il faut le saisir et le tuer, s’il est possible. Cela est fort probable. Voilà précisément, cher Glaucon, l’image de notre condition. L’antre souterrain, c’est ce monde visible : le feu qui l’éclaire, c’est la lumière du soleil : ce captif qui monte à la région supérieure et la contemple, c’est l’ame qui s’élève dans l’espace intelligible. ”
Platon
Résumé
"La République", chef-d'œuvre de Platon, est un dialogue philosophique majeur qui explore les fondements de la justice, de l'éducation et de l'organisation idéale de l'État. À travers les échanges entre Socrate, Glaucon, Adimante et Thrasymaque, l'œuvre déconstruit les notions de vertu, de domination et de tyrannie, illustrant par l'« allégorie de la caverne » la quête de la vérité et la nécessité d'une éclairée réflexion.
Platon y insiste sur la primauté de la philosophie dans la gouvernance, la formation des « gardiens » et la réforme des arts, en soulignant que l'harmonie sociale repose sur la tempérance et la justice. L'œuvre, structurée en dix livres, reste un pilier de la pensée politique et morale, affirmant que l'union de la raison et du pouvoir est la seule solution aux maux de l'humanité.
Citations de La République (Platon)
“ Ce n’est donc pas le propre de l’homme juste de faire du mal ni à son ami, ni à qui que ce soit, mais de son contraire, c’est-à-dire de l’homme injuste. Il me semble, Socrate, que tu as parfaitement raison. Si donc quelqu’un dit que la justice consiste à rendre à chacun ce qu’on lui doit, et s’il entend par là que l’homme juste doit du mal à ses ennemis comme il doit du bien à ses amis, ce langage n’est pas celui d’un sage, car il n’est pas conforme à la vérité : nous venons de voir que jamais il n’est juste de faire du mal à personne. ”
“ Si nous persistons à dire que les guerriers doivent, abandonnant tous les autres arts, se livrer tout entiers et sans réserve à celui qui défend la liberté de l’État et négliger tout ce qui ne s’y rapporte pas, il ne faut pas qu’ils fassent autre chose ni sérieusement ni par imitation ; ou s’ils imitent quelque chose, il faut que ce soit les qualités qu’il leur convient de posséder dès l’enfance, le courage, la tempérance, la sainteté, la grandeur d’ame et les autres vertus, mais jamais rien de bas et de honteux, de peur qu’ils ne prennent, dans cette imitation, quelque chose de la réalité. ”
