Résumé

Portrait de René Maurice Gattefossé René Maurice Gattefossé Les sages écritures : essai sur la philosophie et les origines de l'écriture (1945)

Adam aurait été doté par son créateur du pouvoir de donner à chaque être son nom et ce nom, par les lettres qui le composaient, aurait révélé l'essence de toute chose. Les légendes peuvent varier dans leur texte, toutes expriment la même pensée : le langage n'est pas chose vulgaire, il est « révélé », c'est-à-dire transmis aux hommes par un pouvoir supérieur, ou bien il est magique, il a le pouvoir d'évoquer ou même d'invoquer la chose. Et les lettres ne sont pas des signes ordinaires : Moïse, montant au ciel, y trouva Dieu tressant des couronnes aux lettres !
Source : Gallica

Portrait de René Maurice Gattefossé René Maurice Gattefossé Les sages écritures : essai sur la philosophie et les origines de l'écriture (1945)

Est-il possible, a-t-il été possible d'imaginer une technique de la nomination, de donner à chaque lettre, à chaque syllabe, une valeur particulière ou plusieurs valeurs ? Ne faut-il pas, pour y parvenir, définir tout d'abord, avec une langue non construite, définir avec soin toutes les formes, tous les usages, toutes les qualités : la nature, l'essence de chaque objet ? C'est toute une science analytique qui doit précéder la synthèse nominologique. Platon qui avait envisagé le problème, comme nous le verrons au prochain chapitre, a appelé cette science la dialectique.
Source : Gallica

Portrait de René Maurice Gattefossé René Maurice Gattefossé Les sages écritures : essai sur la philosophie et les origines de l'écriture (1945)

La Bonté, poursuit Aristote, ou le Bien, est ce que toute chose désire : nominologiquement, c'est l'expression de la valeur positive du mot : celui-ci ne peut être négatif, il ne peut exprimer l'essence qu'en indiquant ce qu'est l'objet et non ce qu'il n'est pas. L'adéquation du nom à l'objet est consacrée par le fait. Lorsque le Créateur a parlé, l'objet surgit et, dit la Genèse, « Il vit que cela était bon ». Voilà l'explication nominologiste du postulat de Bonté : le nom véritable doit se confondre avec le Bien.
Source : Gallica

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