Résumé

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan Les Amantes du diable

Durant cette nuit-là, Babet et Jean Hocquin se réunirent pour deviser et s’entendre. Il leur aurait peut-être été possible de s’enfuir, mais tous deux commençaient de trouver quelque divertissement dans cette aventure. En somme le baron des Heaumettes, lorsqu’il ne vous avait pas fait brancher, vous gardait une amitié assez plaisante. Il ne pouvait plus voir Hocquin sans lui donner quelques écus, lui taper sur l’épaule, et lui conseiller, à lui qui devait certes détester les nobles, d’entrer le premier dans le château et de couper proprement la gorge à cette damnée comtesse d’Assien.
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Babet s’était ointe comme ses compagnes de l’onguent puant qui lui était donné. Elle, qui se lavait chaque jour avec soin dans le ruisseau, depuis surtout qu’elle était amoureuse, sentit vite une sorte de démangeaison parasitaire qui courait sur sa chair puis ce fut une chaleur sourde, enflammant d’abord ses vertèbres, son cou, ses seins et ses mains.
C’est à ce moment-là qu’elle but le liquide offert par le sorcier. Aussitôt, une flamme coula en son corps, elle eut envie de rire et de chanter. Le désir la possédait farouchement.
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De fait, sur un ordre, on mit le feu à la pauvre demeure. D’abord le chaume brûla mal. Il était encore humide d’une ondée. Mais on chercha à l’intérieur du bois sec et enfin, la paillasse de Babet fut sortie parmi des rires joyeux.
On ouvrit alors cette literie d’un coup de dague et on en répandit la paille près de la porte, puis on enflamma joyeusement tout.
Une vaste flamme se précipita en jetant des langues jaunes, roses et violettes. Cela dansait dans la ténèbre comme une chose vivante.
Les soldats se mirent à chanter une chanson guerrière avec des cris de plaisir.
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