“ La reine avait gardé l’objet: c’était une sorte de racine fibreuse et velue, affectant la forme d’un crapaud monstrueux ou d’un enfant mort-né; elle avait en frémissant reconnu une mandragore, la mandragore que de précédents songes lui avaient révélée. L’âme d’un mort habitait cette racine, elle le savait de source certaine et connaissait tous les rites prescrits pour cultiver cette âme et la développer.Dieu ou plutôt l’enfer lui rendait peut-être ainsi la présence réelle de la grenouille massacrée. Elle s’était donc livrée à la culture de la mandragore. ”
Mandragore
Définition et enjeux
La mandragore, plante solanacée d'origine méditerranéenne, est célèbre pour ses alcaloïdes hallucinogènes et ses racines en forme humaine, symbole de mystère et de magie. Des auteurs comme Jean Lorrain ou Victor Hugo ont abordé ses connotations surnaturelles, évoquant sa présence dans des rituels ésotériques ou son lien avec l'âme des morts.
Les écrits anciens, notamment ceux de Collin de Plancy, mentionnent ses associations avec les démons familiers, tandis que des botanistes ont étudié ses effets toxiques et son utilisation historique. Cette plante, à la fois médicinale et emblématique, incarne le croisement entre la science, la mythologie et la culture populaire.
Citations sur “mandragore”
“ La nuit, la reine laissait la porte de sa chambre ouverte pour l’écouter dormir, car, la nuit, la mandragore, pendant le jour inerte, s’animait et ronflait comme un homme. Ce fut durant une de ces nuits que la reine se débattit sous le plus effroyable cauchemar; elle rêva qu’une grenouille invraisemblable, énorme, presque humaine de taille, se tenait accroupie sur sa poitrine et l’étouffait lentement de son poids ”
“ Et la reine, à travers l’oppression de son rêve, se souvenait, très lucide, quels rites atroces la kabbale impose à qui veut s’emparer de la racine magique: attacher un chien vivant à une des fibres de la plante maudite et, tandis que l’animal garrotté se débat, déracinant à chaque mouvement un peu de l’herbe convoitée, le guetter sournoisement dans l’ombre pour, la mandragore à peine hors de terre, se précipiter sur la bête haletante et l’étriper à coups de couteau. ”
