Résumé

Portrait de Saint-Marc Girardin Saint-Marc Girardin Les Trois crises du gouvernement personnel en France

Si le roi Louis-Philippe n’est point tombé du trône pour avoir voulu s’arroger le gouvernement personnel et pour avoir essayé de changer la monarchie constitutionnelle en dictature, pourquoi donc est-il tombé ? Sa chute n’est-elle qu’une erreur populaire, une catastrophe sans cause et sans justice ? Le pays doit-il ne s’en prendre qu’à lui-même, et ne doit-il se plaindre que de lui-même, s’il a perdu de gaîté de cœur la monarchie constitutionnelle, qu’il essaie de retrouver aujourd’hui ?
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Dans un pays comme la France, où l’on réussit autant et peut-être mieux par ses défauts que par ses qualités, le roi Louis-Philippe a eu ce bizarre malheur, que ni ses qualités ni ses défauts n’ont eu le succès qu’ils devaient avoir. Je passe condamnation sur ses qualités. Il respectait profondément la vie humaine, il aimait la paix, il croyait aux droits de la liberté, et, comme dans son gouvernement il préférait pour lui-même l’influence au commandement absolu, il inclinait à employer partout le raisonnement plutôt que la force.
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Les esprits violens diront qu’une réforme substituée à une dictature ou à une révolution est une inconséquence pour le dictateur qui se laisse réformer, et pour le peuple qui perd le pouvoir et le droit de tout renverser. L’homme d’état n’est plus immuable, les hommes de parti ne sont plus irréconciliables. Inconséquence et contradiction, soit ; mais pour un chef de gouvernement et pour une nation une inconséquence vaut mieux qu’une révolution.
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