“ Quand on a faussé toutes les consciences, il n'est plus temps de faire un appel à l'honneur. La restauration en a fait l'épreuve. Aussi le premier mot de vérité, appliqué à nos institutions, fut-il un mot profond! mot accusateur, mot de réparation, qui de la bouche du roi devait passer dans le coeur de ses ministres et devenir l'alpha et l'oméga de toute doctrine politique et la règle de conduite de tous nos hommes d'état; car malheur au gouvernement qui ne peut vivre avec la vérité ! malheur à celui qui fonde son existence sur l'exercice de la fraude ! ”
Résumé
Considérations sur quelques-unes des causes qui ont précipité la restauration et qui menacent le trône de Juillet, œuvre anonyme publiée en réponse à un pamphlet de M. Duvergier de Hauranne, explore les tensions politiques de la France post-napoléonienne. L'auteur, identifié seulement par l'initiale "M. Mce d'A...", critique la fragilité de la monarchie de Juillet et la défaillance de la Charte de 1814, accusant les gouvernements successifs de manquer de cohérence et de se laisser corrompre par l'ambition des députés et des partis.
À travers des réflexions sur la réforme, l'intrigue parlementaire et la souveraineté des assemblées, l'ouvrage dénonce une dynamique de pouvoir instable, où la légalité et la vérité sont menacées par les intérêts individuels. La conclusion insiste sur l'urgence d'une réforme structurale pour éviter l'anarchie, soulignant que la restauration ne peut survivre sans respecter les principes de gouvernance qu'elle a elle-même institués.
Citations de Considérations sur quelques-unes des causes qui ont perdu la restauration et qui menacent le trône de juillet… ()
“ Si je ne me trompe, il en est un bien simple et bien légal qui eût sauvé la restauration, si elle eût été capable d'entendre une autre voix que celle des flatteurs qui l'entraînaient dans l'abîme. En octroyant la Charte, en adoptant librement les formes du gouvernement parlementaire, elle devait les respecter et s'y soumettre. Ce n'est point dans l'article 14 qu'elle avait à chercher son salut; cette arme menaçante aurait dû rester dans l'arsenal monarchique, comme un salutaire épouvantait dont l'usage, en changeant toute la constitution, laissait la monarchie sans appui. ”
“ Il est facile de concevoir pourquoi le principe de la souveraineté des assemblées délibérantes est défendu de toute part avec tant de chaleur, soutenu avec tant d'énergie. Dans le triomphe de cette doctrine est tout l'espoir de la démocratie, là est le germe et l'avenir de toutes les ambitions et de toutes les fortunes. Sans le pouvoir que l'on veut attribuer aux majorités parlementaires d'imposer à la royauté un ministère tiré de leur sein , que devient l'omnipotence démocratique? Le peuple souverain n'est-il pas alors en réalité un roi qui règne et ne gouverne pas ? ”
