Résumé

A. de Morny Revue des Deux Mondes

C’est votre droit, comme c’est le nôtre de n’être pas de votre avis ; c’est la condition même du gouvernement représentatif. Nous ne faisons là chacun que notre métier, celui d’hommes de parti dans un pays libre ; mais nous menacer d’une révolution parce que nous n’acceptons pas ce que nous avons le droit de refuser, c’est une étrange manière d’entendre et de pratiquer la liberté ! Allez ! vous n’êtes pas des hommes de parti ; vous êtes incapables de gouverner jamais, car, si vous étiez des hommes de parti avec des idées de gouvernement, vous ne feriez pas si bon marché de la loi.
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A. de Morny Revue des Deux Mondes

C’est le respect religieux de la loi qui fait la force de la constitution anglaise, tout en permettant la plus grande liberté dans les institutions. Là, gouvernement, tribunaux, peuple, tous considèrent la loi comme un soutien, comme un abri. Dans ce pays sensé, où personne ne cherche à rabaisser ceux qui sont au-dessus de soi, l’inégalité sociale est acceptée sans envie, parce que l’égalité des droits y est sincèrement appliquée et qu’elle suffit à la dignité de l’homme.
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A. de Morny Revue des Deux Mondes

Mauvais exemples, regrettables abus, quand ils partent de si haut, parce qu’ils diminuent le respect du peuple pour la loi !
Il est évident que l’éducation politique du pays n’est pas encore faite. Il n’est pas encore assez fier de s’administrer lui-même à tous les degrés. Il ne se rend pas bien compte de ce gouvernement des majorités, depuis le conseil d’arrondissement jusqu’au conseil des ministres. Il oublie quelquefois qu’il n’est gouverné que par un parti qu’un déplacement de quelques voix peut renverser ; il rêve qu’il est encore sous le régime du bon plaisir.
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