Sauvinet-Delabroue

Résumé

Sauvinet-Delabroue Les folies de Madame Lutèce (1871)

Quels tristes jours pour la pension! Il fallait se battre, et Wilhelm était là qui riait de nos discordes et de nos luttes fratricides ; et son bras levé nous menaçait encore. Il fallait se battre, et le printemps était radieux et tout dans la nature semblait nous sourire.Qu'était devenu le temps où madame Lutèce allait folâtrer sur l'herbe, où nous allions tous courir avec elle dans les bois de Meudon, de Clamart et de Saint-Cloud! Hélas ! le sang coulait à flots ! et maintenant la mort fatale promenait sa faux dans ces vertes prairies où jadis la vie était si joyeuse.
Source : Gallica

Sauvinet-Delabroue Les folies de Madame Lutèce (1871)

Ce bon élève, seul digne de représenter la maison en ce moment, ne put s'empêcher de fondre en larmes en voyant ainsi madame Lutèce. Seul épris d'une véritable affection pour elle, il pouvait la sauver. Le coeur de la moribonde battait à peine, mais il battait. Tant qu'il y a vie, il y a espoir, dit-il, et il se mit résolûment à l'oeuvre.
Source : Gallica

Sauvinet-Delabroue Les folies de Madame Lutèce (1871)

Partant de ce principe, le sort de notre pension était connu; l'arrêt fatal était prononcé.
Wilhelm avait hâte d'en finir ; dans sa rage il cassait les vitres avec fracas. Nous descendîmes dans la cave. Là, tant que les provisions durèrent, la vie fut supportable. Mais un jour vint où la farine et les viandes salées nous manquèrent. On fit du pain noir, on abattit le cheval de la voiture qui portait les élèves en ville, on mangea les chiens qui gardaient la cour pendant la nuit; les chats qui rôdaient dans la cuisine eurent le même sort ; les plus affamés firent même la guerre aux rats.
Source : Gallica

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