Résumé

Sous les bombes : Reims 1914-16… (1916)

Pauvre Reims ! il souffre en silence chaque jour. Les désastres s'accumulent. Le bombardement continue l'œuvre de l'incendie ; il frappe où, malgré leur frénésie, les flammes n'ont pu gagner ; il outrage les ruines elles-mêmes, entaillant les plaies. D'une heure à l'autre, l'aspect de telle rue est changé. Eventrements de maison, éboulements de pierres sur le trottoir, si ce n'est sur toute la chaussée, façades menaçantes étayées de suite pour qu'elles puissent mourir en paix, et voilà une voie fermée, du moins aux voitures, très souvent aux passants.
Source : Gallica

Sous les bombes : Reims 1914-16… (1916)

Enveloppée d'une gloire terrifiante, la cathédrale se dresse, comme sur son bûcher la martyre immortalisée, la Jehanne de Reims dont, par une coïncidence providentielle, la statue intacte continue son geste de triomphe au pied même du brasier.
Huit heures sonnent à quelque clocher intrépide : voix de chez-nous, unique réconfort de cette marche angoissante. On arrive : il en est temps. Les pieds demandent grâce, la tête plus encore. Exténués, nous nous engouffrons dans le refuge. Lentement nous suivons de longs sous-sols, sans avoir le courage de souffler mot. Partout la place est prise.
Source : Gallica

Sous les bombes : Reims 1914-16… (1916)

La patrie parle seule. Le journal a reconquis sa noblesse : français avant tout: Nuits de plus en plus muettes. Les roulements et sifflements des grands trains lourds se sont éteints. Silence profond dans une pénombre discrète ; atmosphère de retraite : on se recueillerait malgré soi.
On sent, en effet, et la nuit et le jour, que les âmes comme les voix font demi-silence et réfléchissent. Elles en avaient besoin, âmes de femmes autant qu'âmes d'hommes. Nous perdions le sens à certains points de vue. Voici longtemps que, devant les stupidités éhontées de la mode, Maman me prédit la guerre.
Source : Gallica

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