Théodore Désorgues, Voltaire, ou le Pouvoir de la philosophie
“ Sur le pont ébranlé le coursier touche à peineQu’il s’abat, se relève, et bondit, et m’entraîne.Je suis avec effort ses rapides élans,Et loin de l’arrêter j’aiguillonne ses flancs.Du monstre à chaque pas je crois sentir l’atteinte ;Le péril en fuyant me laisse encor la crainte :Pareil à ce nocher qui, repoussant la mort,D’une haleine pénible a regagné le bord,Et qui, pressant le sable où l’effroi le retarde,Vers l’orage grondant se retourne et regarde ;Tel je tourne la vue, et d’un œil inquietJ’observe en m’éloignant le monstre et la forêt.Un vent frais aussitôt ranime la nature ”
