Victor Hugo

Victor Hugo

Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Lucrèce Borgia

Grâce de la vie ! -et puis, vois-tu bien, mon Gennaro, je te le dis pour toi, ce serait vraiment lâche ce que tu ferais là, ce serait un crime affreux, un assassinat ! Un homme tuer une femme ! Un homme qui est le plus fort ! Oh ! Tu ne voudras pas ! Tu ne voudras pas !
Gennaro, ébranlé. Madame...
Dona Lucrezia. Oh ! Je le vois bien, j’ai ma grâce. Cela se lit dans tes yeux. Oh ! Laisse-moi pleurer à tes pieds !
Une Voix au-dehors. Gennaro !
Gennaro. Qui m’appelle ?
La Voix. Mon frère Gennaro !
Gennaro. C’est Maffio !
La Voix. Gennaro ! Je meurs ! Venge-moi !
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Lucrèce Borgia

Maffio. Ces choses-là ne t’intéressent pas, Gennaro, et c’est tout simple. Tu es un brave capitaine d’aventure. Tu portes un nom de fantaisie. Tu ne connais ni ton père ni ta mère. On ne doute pas que tu ne sois gentilhomme, à la façon dont tu tiens une épée ; mais tout ce qu’on sait de ta noblesse, c’est que tu te bats comme un lion. Sur mon ame, nous sommes compagnons d’armes, et ce que je dis n’est pas pour t’offenser. Tu m’as sauvé la vie à Rimini, je t’ai sauvé la vie au pont de Vicence.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Lucrèce Borgia

C’est un moyen de me faire aimer de votre peuple. Je veux que votre peuple m’aime. La miséricorde, Alphonse, cela fait ressembler un roi à Jésus-Christ. Soyons des souverains miséricordieux. Cette pauvre Italie a assez de tyrans sans nous depuis le baron vicaire du pape jusqu’au pape vicaire de Dieu. Finissons-en, cher Alphonse. Mettez ce Gennaro en liberté. C’est un caprice, si vous voulez ; mais c’est quelque chose de sacré et d’auguste que le caprice d’une femme, quand il sauve la tête d’un homme.
Don Alphonse. Je ne puis, chère Lucrèce.
Dona Lucrezia. Vous ne pouvez ?
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