Victor Marchal

Résumé

Victor Marchal Les réformateurs de Genève (1876)

Toutes les belles âmes sympathisent avec les victimes ; et tel prêtre de village, qui était fort peu écouté dans son église, se voit vénéré dans sa grange. Des deux curés de Choullex le plus puissant, croyez-le bien, n'est pas celui qui arrive à point pour vendanger la vigne, mais celui qui, sans se plaindre, la regarde vendanger. Des deux curés de Collonges, le plus fort n'est pas celui qui fait coucher trois gendarmes dans le presbytère où il attend sa fiancée, mais celui dont les paroissiens frémissants arborent, en signe de deuil, le drapeau noir.
Source : Gallica

Victor Marchal Les réformateurs de Genève (1876)

« Je bénirais le Syllabus et le Concile, si, à force d'entasser absurdités sur absurdités, ils vous chassaient de l'Eglise romaine, et vous poussaient comme un grandproscrit sur mon cœur. » Il me semblait alors que le Père avait raison, et qu'en suivant ses doux conseils, je verrais une transformation charmante s'opérer dans mon existence. Après tout, me disais-je, le célibat n'est pas seulement incommode, il est absurde. Le Créateur a dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul, » et je ne vois pas de quel droit les papes se sont permis de contredire la parole de Dieu.
Source : Gallica

Victor Marchal Les réformateurs de Genève (1876)

Le comité libéral du Jura m'ayant prié d'aller donner quelques conférences à Porrentruy, je me mis en route par un temps affreux et j'arrivai à moitié mort.
M. Deramey, curé de Porrentruy, gardait, je dois le dire, la dignité ecclésiastique, mais il passait pour faire un peu trop d'économies. On sentait qu'il était plutôt campé qu'établi, et qu'il n'avait qu'une confiance fort limitée en l'avenir. Les fiancés impatients le détestaient et les libres-penseurs le trouvaient trop prêtre.
Source : Gallica

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