Résumé

Portrait de Willy Willy La Maîtresse du prince Jean

Un coup de vent, sans plus, et Gaëtane dit d’une voix enrouée :
— J’ai froid.
Elle se recula en un sursaut subit, violent. Tout pâle, tout crispé, son visage se détacha sur les ténèbres diamantées d’étoiles. Sous ses cils baissés se creusaient des cernes. Il y eut un intervalle d’humble silence et de pudique immobilité. Puis, tandis que l’ami Pierrot s’effarait d’avoir les mains vides, la comédienne redressa les cils, claqua des dents et répéta :
— J’ai froid... Je suis toute glacée.
Du moins, ses yeux brûlaient étrangement. Dardés sur ceux de Lauban, ils promirent :
— À tout à l’heure.
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Portrait de Willy Willy La Maîtresse du prince Jean

Tes yeux ferment, insinua d’un accent brisé Gaëtane.
Maurice, avec un sursaut de chagrin, de dépit, d’alarme, se mit sur son séant.
— Ah ! ça, mon amie, qu’est-ce qu’il y a encore ?
— « Encore ? » Je m’étonne de cet « encore », dit Mlle Girard avec un regard de doux reproche.
— Soit ! Je retire mon « encore ». Qu’y a-t-il tout court ?
— Il y a, mon pauvre petit chéri, que tu ne peux pas dormir ici, qu’il te faut partir.
Afin de s’assurer qu’il ne rêvait point, le pauvre petit chéri se frotta le front, puis les joues, puis le nez, et gémit :
— Faut me cavaler ?
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Portrait de Willy Willy La Maîtresse du prince Jean

C’est comme ça. Ce n’est pas comme Gaëtane avec le prince Jean, tu entends. C’est pour de bon que celle-là est la maîtresse du prince de Langrune. J’ai vu les lettres.
Lors, Maugis, cessant de rire :
— Le fourneau ! C’est pas d’femme qu’il a changé : c’est de prince.
— Sans compter que je n’y ai pas perdu.
Le nez de Maurice s’est davantage pincé. Visiblement ce jeune poète est tout à fait furieux, et, pour rompre les caniches, Smiley le complimente sur sa cravate :
— Je ne te la connaissais pas, celle-là. Elle est épatante. Et qu’est-ce que c’est que ces bestioles qu’on voit dessus.
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