Yvonne Vernon

Yvonne Vernon

Résumé

Portrait de Yvonne Vernon Yvonne Vernon,  Spleens

“ Mme Hauser sonna à la porte du jardin du presbytère encastrée dans une haie. Des voix enfantines, pilées de rire, argentaient l’air. On la fit entrer dans un salon propre mais sans coquetterie. Une femme très mûre, les cheveux tirés, la parole et les mouvements brusques, se présenta elle-même comme femme du pasteur. En même temps, les enfants, attirés par la nouveauté de sa physionomie, la dévisageaient, et un très jeune, familier, grimpa sur ses genoux en l’embrassant. À ce baiser, elle tâcha de sourire, mais son sourire douloureux et forcé effraya le petit comme une grimace. ”
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Portrait de Yvonne Vernon Yvonne Vernon,  Spleens

“ Mme Hauser avait aimé, mais aimé sérieusement, « indécemment », avec la chair qui palpite, le sang qui s’active lorsque l’être aimé apparaît sur le seuil. C’était, il y a bien longtemps, une de ces années blondes, rieuses, que la jeunesse fabrique avec l’artifice de ses illusions et l’habileté de ses désirs. Un langoureux pasteur, une de ces délicates natures végétatives faites pour la tranquillité bourgeoise de la vie, un pasteur l’avait conquise. ”
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Portrait de Yvonne Vernon Yvonne Vernon,  Spleens

“ Il lui semblait qu’elle aimerait maintenant son mari, son pauvre mari incertain, qu’elle n’avait jamais aimé, qu’elle avait pleuré sans âme, son pauvre mari dans la tombe, qu’elle évoquait éperdument, tant ses sens étaient glacés et solitaires !
Quant au pasteur, l’expression la plus intime et la plus chère de son rêve d’amour, il n’était jamais évoqué dans ces nuits de détresse. Elle éprouvait une sorte de pudeur mystique à ne l’associer qu’à certaines de ses pensées. Il demeurait le confident spirituel que la séparation, la vieillesse ne peuvent altérer
”
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